« Les lycéennes savent ce que la filière scientifique leur coûtera en termes de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale »


À compter du 2 juin, plusieurs centaines de milliers de lycéens recevront les résultats de Parcoursup. Selon les chiffres de l’éducation nationale, lors de la rentrée 2025, seules 33,7 % des filles en terminale ont opté pour la spécialité mathématiques, contre 58,8 % des garçons. Dans la filière sciences de l’ingénieur, la proportion féminine atteint à peine 14,2 %, tandis qu’en sciences informatiques, elle s’élève à 15,5 %. Le plan Filles et maths, lancé en mai 2025, vise à orienter 30 000 lycéennes supplémentaires vers ces domaines d’ici à 2030. Les ressources sont disponibles, les intentions sont louables. Néanmoins, la véritable réussite de cette initiative ne se mesurera pas simplement par le nombre de jeunes filles qui optent pour les sciences à 17 ans, mais par le nombre de femmes qui y poursuivront leur carrière à 45 ans.

Dans le domaine éducatif, la question du genre devrait finir par s’effacer. L’objectif sera atteint quand une élève choisira la voie des mathématiques par passion, que la présence d’une femme scientifique passera inaperçue, et que les choix d’orientation se feront uniquement sur les aptitudes et les aspirations, sans que le sexe n’interfère. Toutes les démarches qui contribuent à éliminer l’impact du genre dans l’éducation représentent un progrès : former les enseignants à reconnaître et corriger les biais, permettre à des professionnelles d’intervenir dans les classes, ou offrir une diversité de modèles accessibles, au lieu de se limiter à l’unique figure du génie exceptionnel.

Une enquête menée en 2019 par l’Institut des politiques publiques [« Role models féminins : un levier efficace pour inciter les filles à poursuivre des études scientifiques ? »], réalisée auprès de 20 000 lycéens, l’a démontré : pour les meilleures élèves en mathématiques, une intervention d’une heure par une scientifique réduit de près d’un tiers l’écart entre filles et garçons pour l’accès aux classes préparatoires scientifiques. Ce levier existe et prouve son efficacité. Il est temps désormais de le rendre systématique et de lui allouer les moyens nécessaires.

Cependant, cette neutralité en amont n’est possible que si elle s’accompagne d’une prise en compte des réalités en aval. Car, dans le parcours professionnel, le genre n’est pas une notion que l’on peut simplement ignorer. La maternité est une réalité. Les parcours de procréation médicalement assistée [PMA] existent bel et bien. Les fausses couches, les grossesses à risque et le deuil périnatal sont des épreuves qui surviennent. Ces événements impactent différemment hommes et femmes, que ce soit physiquement, temporellement ou dans leur évolution de carrière.

Vous avez encore 55,05 % de cet article à découvrir. La suite est accessible aux abonnés.



Source link

Articles liés

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers articles