REPORTAGE – Près de 60 ans après les dernières fouilles, l’Inrap reprend les investigations sur un sanctuaire gallo-romain exceptionnel. Avec l’espoir de répondre à une question intrigante : pourquoi un temple romain semble avoir été dédié à une déesse celtique?
C’est un coin de Paris où naît une rivière. Un petit bout de terrain de 1,7 hectare appartenant à la capitale se cache en effet dans un vallon au cœur de la Bourgogne, dans le département de la Côte-d’Or, sur la commune bien nommée de Source-Seine. Il a été racheté en 1864 par la préfecture du département de Paris (appelé à cette époque «La Seine»), car c’est ici que sort de terre le fleuve qui traverse la capitale et lui a donné sa richesse. L’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) y a lancé début juin une campagne de fouilles programmées qui, sur quatre ans, va tenter de mieux comprendre le sanctuaire antique romain bâti au Ier siècle en l’honneur de la divinité gauloise Sequana.
L’arrivée sur le site est un drôle de voyage. L’aménagement haussmannien typique de la fin du XIXe siècle donne l’impression d’atterrir dans une annexe des Buttes-Chaumont. Et pour cause, la grotte en rocaille artificielle, agrémentée d’une statue de la nymphe de la Seine, d’où jaillit…