Alors que la France reste marquée par le drame de Lyhanna, l’inquiétude s’est invitée vendredi matin dans une famille jurassienne. À Champagnole, une adolescente de 17 ans affirme avoir été abordée avec insistance par un homme qui lui aurait demandé à plusieurs reprises de monter dans son véhicule.
Originaire du secteur de Bletterans, la jeune fille effectue actuellement un stage à la bijouterie implantée dans la zone commerciale de l’Hyper U, rue du Village, à Champagnole. Pour éviter les allers-retours quotidiens, elle réside en semaine à l’internat du lycée Paul-Émile-Victor. Chaque matin, elle parcourt à pied les quelque quinze minutes qui séparent l’établissement scolaire de son lieu de stage.
Ils échangent à l’aide d’un traducteur
Vendredi 5 juin, peu avant sa prise de poste, elle arrive à proximité de la zone commerciale. Mais, juste en face du restaurant McDonald’s, un automobiliste se gare et l’interpelle. L’homme, âgé d’une trentaine d’années selon elle, ne parle pas français. Bienveillante, elle pense qu’il a besoin d’aide et accepte d’échanger avec lui à l’aide d’un traducteur sur leurs téléphones.
C’est alors que le malaise s’installe. L’individu lui demande son adresse, son âge et son numéro de téléphone. Il insiste à plusieurs reprises pour qu’elle monte dans son véhicule afin d’aller boire un café. « Ma fille dit qu’il aurait aussi essayé de l’embrasser », confie au Progrès Séverine Pivin, sa mère, encore très marquée par ce qu’elle qualifie de « tentative d’enlèvement ».
Véhicule immatriculé en Pologne
Pendant l’échange, la jeune fille a toutefois le réflexe de photographier l’homme ainsi que la plaque d’immatriculation de son véhicule, une BMW immatriculée en Pologne.
« Elle lui a dit qu’elle était de passage et qu’elle habitait Paris. Elle était paniquée. Puis elle a fait mine de recevoir un appel d’un copain et elle est partie. Elle s’est réfugiée au bistrot de l’Hyper U et a parlé au gérant. L’homme est repassé plusieurs fois devant l’établissement avant de finir par partir », poursuit la mère.
L’adolescente rejoint finalement son poste à 8 h 30. Mais l’épisode l’a profondément affectée. Elle ne se sent pas en état de poursuivre sa journée et prévient ses proches. Son père se rend alors à Champagnole pour venir la chercher. Le lycée Paul-Émile-Victor est également informé de la situation.
Dépôt de plainte
Le père de famille se dirige ensuite à la gendarmerie de Champagnole pour relater les faits. Une enquête a été ouverte. Les militaires disposent notamment des photographies prises par la jeune fille ainsi que de l’immatriculation du véhicule. Les parents et l’adolescente doivent être réentendus dans les prochains jours et une plainte doit être déposée.
La jeune fille appréhende déjà la reprise de son stage ce lundi. « Le gérant de la bijouterie s’est proposé de venir la chercher en voiture au lycée le matin », indique toutefois sa mère, rassurée par cette initiative.
L’enquête se poursuit désormais afin de déterminer précisément les circonstances de cet épisode et d’identifier les intentions de l’automobiliste.