Soupçon de détournement de fonds publics : un juge va enquêter sur Édouard Philippe



Un obstacle inattendu sur la route vers l’Élysée ? Un juge d’instruction a été désigné pour mener une enquête concernant Édouard Philippe, soupçonné de détournement de fonds publics, de favoritisme, de prise illégale d’intérêt ainsi que de concussion (abus commis par un agent public) au Havre, la ville dont il assure la mairie, selon les informations communiquées mardi 19 mai par le Parquet national financier (PNF) et transmises à l’AFP.

Ces allégations ont été portées à la connaissance du PNF en septembre 2023 par une lanceuse d’alerte, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête puis à des perquisitions en avril 2024. Par la suite, cette personne a déposé plainte en juin 2025 en se constituant partie civile.

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L’ancien Premier ministre, aujourd’hui maire Horizons du Havre, conteste depuis toujours les faits qui lui sont reprochés. Interrogé mardi par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité réagir, mais l’entourage d’Édouard Philippe a assuré qu’il « répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait avec beaucoup de calme ».

La plainte visait aussi Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée du numérique et de l’innovation, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine du Havre Seine Métropole.

Le conflit d’intérêts « semble absolument évident »

Les soupçons concernent une convention d’objectifs pluriannuelle signée en juillet 2020, encadrant l’animation de la Cité numérique du Havre, par Édouard Philippe, alors président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, qui y figurait cette fois comme présidente bénévole de l’association LH French Tech.

Cette association, créée en juillet 2020, a été choisie pour cette mission à la suite d’un appel à manifestation d’intérêt lancé en mars 2020 par la communauté urbaine, dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG).

Étant la seule à répondre à l’appel, l’association devait percevoir 2,154 millions d’euros d’indemnisation pour assurer le portage de divers projets.

D’après la lanceuse d’alerte, qui fut directrice générale adjointe de la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023, « le conflit d’intérêts semble absolument évident ».

Elle expliquait à l’époque que « c’est le maire et son adjointe qui », en qualité de présidente de l’association, allaient « contrôler des montants importants » pour « des projets pouvant concerner ses fonctions municipales ».

Source AFP



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