Le 9 avril, pendant que la scène internationale de la coopération portait son attention sur Washington à l’occasion des « Spring Meetings » de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, une initiative peut-être plus déterminante pour l’avenir de l’Afrique se déroulait à Abidjan, cœur économique de la Côte d’Ivoire. Organisé sous l’impulsion de la Banque africaine de développement, un groupe de leaders et de décideurs financiers a signé le « consensus d’Abidjan ». Ce document pose les fondations d’un nouveau système financier africain dédié au développement. Il s’affirme comme « un cadre continental partagé, destiné à repenser la mobilisation, la structuration et l’allocation du capital et du risque ». À l’heure où l’aide publique au développement se contracte fortement, « il s’agit probablement de la réponse majeure qui nous permettra d’alléger notre dépendance financière », affirme Carlos Lopes, économiste reconnu pour son expertise sur le continent.
Le consensus d’Abidjan part du constat que l’Afrique possède une épargne domestique significative – avoisinant 4 000 milliards de dollars (3 409 milliards d’euros) –, principalement détenue par des fonds de pension, des fonds souverains et des compagnies d’assurance. Cependant, cette ressource reste largement sous-investie sur le continent, en raison d’un manque de maturité des marchés financiers locaux et de l’absence de dispositifs efficaces pour partager les risques.
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