Moins de deux mois suivant son entrée en fonction à la tête de la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire a présenté ce lundi 11 mai ses initiatives en faveur de l’espace public. Son objectif affiché : « poursuivre les transformations entamées » et assurer un « droit au beau » pour tous.
Le nouveau maire socialiste de Paris lance un nouveau programme majeur. Après s’être à plusieurs reprises attaqué à la problématique du périscolaire – secteur marqué par une recrudescence de signalements pour violences sexuelles sur mineurs – ainsi qu’à la possible cession du Parc des Princes, Emmanuel Grégoire a détaillé ce lundi 11 mai ses mesures pour réaménager l’espace public. Il s’est engagé notamment à intervenir sur « 1 000 points noirs » dans la capitale et à faire respecter le « droit au beau » dans « chaque quartier ».
« Je comprends le mécontentement de nombreux habitants concernant la qualité de l’espace public », explique-t-il dans une interview accordée au Figaro. L’ancien premier adjoint et successeur d’Anne Hidalgo souhaite « poursuivre les transformations initiées » par son prédécesseur tout en œuvrant à « améliorer le cadre de vie global ».
Il entend également « renforcer fortement l’implication des maires d’arrondissement dans l’aménagement de proximité », précise Emmanuel Grégoire, qui affirme vouloir être un maire « d’hyperproximité ».
« Préserver le patrimoine » de la capitale
Affichant une « exigence de propreté et de confort », l’élu socialiste promet une « attention renforcée aux trottoirs, aux chantiers, aux terrasses et aux incivilités du quotidien ».
Lors de son premier Conseil de Paris ordinaire prévu du 19 au 22 mai, il présentera son « plan d’action ciblant 1 000 points noirs », des espaces où l’état de l’espace public se détériore : il s’agit notamment des abords des gares, des sites « à très forte fréquentation touristique » tels que le Champ-de-Mars, ou encore des quartiers comme Château-Rouge et Barbès.
Le maire parisien ambitionne de « protéger patrimonialement » la ville, notamment en lançant un « plan pour instaurer un ‘droit au beau’ dans chaque quartier », qui portera une « attention accrue aux façades, aux revêtements, au mobilier historique, aux ponts dont le Pont des Arts », sans oublier le « patrimoine du quotidien » qui forge « l’identité de Paris ».
Une « déléguée générale au design et à l’esthétique » aura pour mission de piloter la mise en œuvre de ce plan. Emmanuel Grégoire a par ailleurs qualifié d’ »indigne » la controverse autour de l’absence d’adjoint au patrimoine au sein de l’équipe municipale (comptant 36 adjoints), tout en rappelant qu’il avait nommé une « conseillère déléguée au patrimoine », Dominique Kielemoës, placée auprès de l’adjoint à l’urbanisme, François Vauglin.
« Le patrimoine revêt une telle importance que je compte en assurer moi-même la responsabilité », affirme le maire.
Accélérer la transformation piétonne des berges
Il prévoit également d’implanter 80 « cœurs piétons » dans la capitale et de garantir, « partout où cela sera réalisable, au moins un trottoir ombragé par rue ». La piétonnisation des berges de Seine sera « intensifiée afin d’offrir une promenade ininterrompue sur 25 kilomètres ».
Précisant que son « mantra n’est pas d’être opposé à la voiture », il souhaite accroître les « emplacements spécialisés » de stationnement « pour tous ceux dont la voiture constitue un outil de travail indispensable ». En plus du lancement de 15 lignes de bus express, il prévoit de « recréer une voie de bus sécurisée » sur la rue de Rivoli.
Au sujet du périscolaire, priorité absolue en ce début de mandat, le maire est attendu à l’école Saint-Dominique (7e arrondissement), théâtre de révélations récentes de violences sexuelles sur mineurs. « Je viens avant tout pour écouter », déclare-t-il.
