Clément Beaune, Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan, alerte sur le risque de « retard » de l’Europe dans la course aux véhicules autonomes, alors que les géants américains et chinois dominent le secteur.
« C’est une révolution. » Clément Beaune exprime son enthousiasme et affiche de grandes ambitions pour l’essor des voitures autonomes, ce lundi 11 mai. Il regrette que « tous les modèles soient aujourd’hui d’origine américaine ou chinoise » et appelle à une mobilisation au niveau européen afin de « ne pas manquer cette avancée technologique majeure ».
« Cela permet de réduire le nombre d’accidents, car les machines surpassent les humains pour prévenir les dangers et adopter des comportements plus sûrs au volant », affirme-t-il sur France 2 ce lundi.
Pour Clément Beaune, il ne s’agit pas « d’un gadget »
Pour Clément Beaune, l’enjeu est clair : l’Europe risque d’accuser un « retard » face à la percée des concurrents chinois et américains. « Aujourd’hui, cette technologie est déjà implantée dans de nombreuses villes aux États-Unis et en Chine, alors qu’en France et en Europe, elle reste absente », observe l’ex-ministre des Transports. Il insiste sur le fait que ce n’est « pas un gadget », mais une innovation qui représente « une solution concrète », notamment pour les populations âgées vivant en zones rurales ou pour les personnes en situation de handicap.
D’après une analyse du Haut-Commissariat au Plan, l’Europe est « largement distancée » dans la compétition autour des voitures autonomes. Sans une stratégie offensive, elle risque de devenir une « colonie numérique » et de dépendre des acteurs extérieurs à l’Union.
L’institution suggère que l’Europe pourrait se démarquer des modèles américains et chinois en intégrant les véhicules autonomes aux réseaux de transports publics, au lieu de privilégier les robotaxis, dont la moitié des trajets s’effectuent à vide. Bien qu’elle soit à la traîne sur la technologie embarquée, l’Europe pourrait ainsi reprendre l’initiative en imposant son propre modèle de mobilité.
En avril dernier, les Pays-Bas ont donné leur feu vert à l’utilisation du système de conduite autonome supervisée de Tesla, une grande première pour la marque américaine sur le continent. Elon Musk, son dirigeant, se montre confiant quant à une reconnaissance prochaine du système « Full Self-Driving » (FSD) dans toute l’Europe, selon Reuters.
Pourtant, les régulateurs européens demeurent fortement sceptiques, comme le rapportent nos confrères. Des discussions entre les responsables de différents pays de l’Union révèlent leurs préoccupations concernant la sûreté de ce dispositif, notamment sur les routes glissantes ou face à sa propension à accélérer de façon inopinée.