En ce 1er septembre, il n’y avait pas que dans les cours d’école que c’était jour de rentrée. À l’audience solennelle d’installation des arrivants, magistrats et fonctionnaires, en présence de tous les acteurs du monde judiciaire, il flottait aussi un parfum de rentrée à la cour d’appel d’Aix-en-Provence, dont le premier président, Renaud Le Breton de Vannoise, a rappelé sa place de première de province avec huit tribunaux judiciaires et une activité juridictionnelle soutenue : près de 20 000 arrêts rendus par an par les chambres civiles, familiales, commerciales et sociales ; près de 10 000 pour les chambres pénales. Une cour qui compte 745 magistrats et 1 840 autres personnels de justice, et où ont été installés 34 magistrats du siège et 15 du parquet général.
Cour d’appel d’Aix-en-Provence : mouvements et installations en cette rentrée de septembre 2026
Avec, d’abord, des mouvements aux cabinets de la première présidence et du parquet général. Stéphanie Moliès-Metzger, chargée de mission à la première présidence, devient conseillère chargée du secrétariat général, succédant à Virginie Brot, nommée présidente du tribunal judiciaire de Troyes ; Benjamin Banizette, conseiller, est chargé de mission auprès de la première présidence, de même que Lucie Reynaud, conseillère, chargée de mission pour le ressort. Et au parquet général, Géraldine Bouzard, jusqu’alors secrétaire générale, rejoint Tarascon comme procureure de la République.
Des présidentes de chambres installées à la cour d’appel d’Aix-en-Provence et Alexandra Mattioli, présidente du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains
S’agissant du siège, la cour a installé Catherine Jamet-Mailhes, première présidente de chambre, qui supervisera ses pôles commercial et social, ainsi que cinq présidentes de chambre : Céline Ballerini, en charge de la 6e section des assises et de la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône ; mais aussi Marie-Paule Commenge-Alzeari, Anne-Claire Bourdon, Agnès Defour-Vareille et Cécile Pendaries.
Toujours au siège, la cour a installé 15 conseillers dont trois rejoignent donc le cabinet de la première présidence. Mais aussi Alexandra Mattioli, nommée présidente du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains, auparavant première vice-présidente du tribunal judiciaire de Draguignan ; Benoît Persyn, en charge de la 4esection de la cour d’assises et cour criminelle départementale ; François-Marie Cornu, affecté en qualité de conseiller de la cour d’assises et de la chambre criminelle départementale, pour les dossiers du Var ; Anne-Sophie Brodu, affectée au pôle de l’instruction.
Mais encore Fatma Boggio-Cosadio, Marion Lagaillarde, Virginie Marsoo-Cristofini, Aude Sévignon, Laëtitia Sole-Dillemann, Adrien Fauchier-Delavigne, Marti Cartoixa et Claire Giry-Laterrière.
Ont été accueillis cinq magistrats placés auprès du premier président : Anne Boivin et Romane Dufresne ; Constance Antoine, Elise Fouquier et Marie Palma, juges placés. Corinne Chadrin-Robert devient conseillère au pôle social. Cités également, Marion Menot, affectée en cour d’assises et cour criminelle départementale (Bouches-du-Rhône et Alpes-Maritimes), Sheryne Kasse, Sonia Zouag, Karine Manach, ainsi qu’Emmanuel Poinas, Sandrine Darrouzet-Bouchayer, Morgane Bernardou.
Deux avocats généraux installés au parquet général d’Aix-en-Provence
Au ministère public ont été installés 15 magistrats : 7 au parquet général et 8 magistrats placés. Installé en qualité d’avocat général, Laurent Gumbau quitte ses fonctions de procureur de la République à Tarascon pour rejoindre la chambre de l’instruction, « service en tension où sera précieuse » son expérience de 20 ans dans la police nationale, a précisé le procureur général Franck Rastoul. Frédéric Kocher, qui était procureur de la République adjoint à Nîmes, rejoint comme avocat général le service de l’action publique.
S’agissant des arrivées au parquet général, Sébastien Hauger, substitut général, rejoint le service économique et financier. Ont aussi été installés comme substituts généraux Séverine Bleuse et Adrien Roux (exécution des peines), Audrey Gambin (JIRS), Violaine Perrot (service criminel). Manon Duthoit avait rejoint en juin le service criminel. « Concernant les services JIRS et criminel, a spécifié Franck Rastoul, le parquet général continue de se réorganiser, face aux enjeux de la lutte contre la criminalité organisée et les stocks criminels ».
Les stocks, justement. Soit 557 affaires criminelles à l’échelle du ressort de la cour (440 en 2025, soit une hausse de 26,60 %). La cour utilisera pleinement la salle d’audience financée en urgence par la chancellerie et aménagée au palais Verdun, et deux salles du palais Monclar dotées de box sécurisés, a assuré Franck Rastoul.
Cour d’appel d’Aix-en-Provence : 557 affaires criminelles en stock à l’échelle du ressort de la cour
Sept substituts placés ont été présentés : Maiwen Beaudoin, Claire Gauthier, Marie Le Maoult, Milla Machado, Méryl Recotillet, Kévin Chausson et Philippe Valli. Anthony Carello est nommé vice-procureur placé.
La cour a accueilli aussi deux greffières, Sophie Lefebvre et Amélie Cailletet, et trois adjoints administratifs.
Stocks, délais de traitement, procédures simplifiées évoqués à l’audience solennelle de la cour d’appel d’Aix-en-Provence
Cette audience était aussi l’occasion d’évoquer les suites de l’affaire Lyhanna. Mais « ne cédons pas à ceux qui veulent opposer police et justice », a prévenu Franck Rastoul. Avec une certitude : « Le problème de la police, ce n’est pas la justice. Le problème de la justice, ce n’est pas la police. Le problème commun, ce sont les flux qui les submergent. » Avec 4 millions de procédures bientôt en attente de traitement au niveau national dans les services de police et de gendarmerie.
Face aux délais, « il faut en plus des moyens revoir nos organisations », a invité le procureur général, avec des « procédures non pas expéditives, mais simplifiées » et des « circuits de l’urgence, y compris dans des contentieux prioritaires comme les violences sexuelles faites aux mineurs » ; pour la cour d’appel d’Aix, plus de 4 000 procédures ont été recensées par les 8 parquets du ressort et 10 % feront l’objet d’un suivi renforcé sur la base d’un outil de suivi spécifique.
Cour d’appel d’Aix-en-Provence : une enveloppe de 66 M€ pour sa restructuration
La cour d’appel d’Aix-en-Provence, ce sont aussi des projets. Renaud Le Breton de Vannoise a évoqué, s’agissant du volet immobilier, « l’enveloppe de 66 M€ dont bénéficie la cour pour entreprendre sa restructuration ». Et d’évoquer le projet découlant de l’acquisition du couvent des Prêcheurs pour « une répartition optimale des services » avec les palais Verdun et Monclar, même s’il faudra sûrement « découper le projet en tranches annuelles, budgétaires et fonctionnelles ».
Par ailleurs, des travaux en cours devront permettre d’écarter la perspective annoncée à l’audience solennelle de janvier, de « mises en liberté faute de pouvoir juger tous les accusés détenus dans le délai de la détention provisoire », grâce aux moyens dégagés par le garde des Sceaux pour augmenter la capacité de jugement des affaires criminelles. D’autres objectifs ont été énumérés : projet de juridiction, synergie entre les deux degrés de juridiction, harmonisation de la jurisprudence, réflexion sur la fonction d’attaché de justice, digitalisation…
