Combien de personnalités politiques peuvent aujourd’hui se réclamer de l’héritage de Nicolas Sarkozy ? Alors que l’élection présidentielle approche dans un an, de nombreux prétendants, qu’ils proviennent du centre ou de l’extrême droite, s’approprient le fameux slogan de sa campagne de 2007, « Travailler plus pour gagner plus ». Deux décennies plus tard, la question du travail se retrouve de nouveau au cœur du débat électoral, avec des arguments proches de ceux du passé.
Qu’il s’agisse de remettre en cause la durée légale de 35 heures, de défiscaliser les heures supplémentaires ou de repousser encore l’âge de départ à la retraite, les mesures proposées, dans un contexte de tensions budgétaires, n’ont rien de véritablement inédit. « Travailler davantage chaque semaine, prolonger la durée annuelle et allonger la carrière », affirmait ainsi en juin 2025 Edouard Philippe, maire (Horizons) du Havre. Pour Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, qui prône « la priorité au travail », il est indispensable de « sortir des 35 heures par le haut, en permettant à tous ceux qui le souhaitent de faire des heures supplémentaires », expliquait-il dans les colonnes de La Tribune le 2 mai.
Du côté du Rassemblement national (RN), le parti tente un exercice d’équilibre compliqué : séduire les milieux patronaux avec un programme économique crédible tout en continuant d’afficher son engagement pour les classes moyennes et populaires. Il reprend à son tour la rhétorique sarkozyste. « Travailler plus, pour garder plus : nous rendrons aux Français le fruit de leur travail ! », écrivait Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée, sur X le 2 mai. Quant à Jordan Bardella, président du RN, il défend « le travail qui paie », dans une interview au Journal du dimanche du 26 avril.
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