Frontenas : mordue et frappée par sa fille, elle sollicite la clémence

© Simon ALVES – Le palais de justice de Villefranche.

Convoquée devant la justice pour violence aggravée ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de trois jours à Frontenas le 24 mars dernier, ce n’était pas la prévenue de 42 ans qui s’est présentée au tribunal de Villefranche le mercredi 6 mai, mais bien la plaignante elle-même : sa mère.

L’incident aurait éclaté à la suite d’une altercation concernant la gestion de l’exploitation agricole familiale. Durant cette dispute, la fille aurait frappé et mordu sa mère, lui assénant un coup à l’arrière du crâne avec une bouteille en verre. Dans une déclaration antérieure, la fille a admis les faits de violence mais a insisté sur le fait que sa mère avait, elle aussi, eu des gestes violents auparavant ; elle aurait même installé des caméras pour surveiller le domaine viticole qu’elle venait de reprendre.

Une demande de clémence

La mère a exprimé des regrets quant à la plainte qu’elle avait déposée, motivée par les conseils de l’hôpital où elle avait été soignée. Son intention n’était pas de provoquer un procès, mais simplement d’avoir « l’assurance d’être protégée » en cas de récidive. À la barre, elle a affirmé qu’aucune sanction ne devait être retenue, expliquant en larmes qu’il s’agissait « seulement de sa fille » et que si celle-ci devait être condamnée, elle « ne pourrait pas le supporter ».

Malgré l’intervention de la présidente, qui a souligné que l’affaire avait pris « une tournure préoccupante » et ne représentait « pas une situation normale », la victime a précisé qu’après cet épisode, ses rapports avec sa fille s’étaient améliorés, non pas en raison de la procédure judiciaire, mais grâce à un accompagnement psychologique. La représentante du parquet a contesté l’argument de légitime défense avancé par la prévenue, soulignant que le coup de bouteille avait été infligé à l’arrière du crâne, ce qui prouve que la victime lui tournait le dos.

Soulignant qu’il était temps pour la prévenue « d’assumer la responsabilité de ses actes », la procureure a requis à son encontre trois mois de prison avec sursis et une amende de 500 euros. En définitive, la présidente a reconnu la prévenue coupable, la sanctionnant d’une simple amende de 1 000 euros assortie du sursis.



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