Au cœur de terres arides, seul le bourdonnement constant des câbles électriques brise le silence. À Greater Noida, dans la périphérie est de Delhi, s’élève le vaste campus de Yotta, un centre de données de type « hyperscale », essentiel au fonctionnement de l’intelligence artificielle (IA) générative. Malgré son envergure, l’installation n’a besoin que de 50 à 80 employés pour assurer son activité. En Inde, de nombreux complexes similaires devraient voir le jour dans les années à venir. Des géants mondiaux de la technologie tels qu’Amazon, Microsoft et Google – aux côtés de grandes entreprises indiennes – prévoient d’investir plusieurs dizaines de milliards de dollars pour déployer de nouveaux centres de données dans le pays.
Cette dynamique est encouragée par le gouvernement, qui offre des incitations financières pour séduire ces sociétés. « L’Inde est animée par une telle volonté de progrès qu’elle forge des politiques motivées par la peur de manquer le coche », analyse Astha Kapoor, cofondatrice de l’institut de recherche Aapti, dédié aux politiques technologiques. Pourtant, ces centres – connus pour leur forte consommation d’électricité et d’eau – génèrent très peu d’emplois, alors même que l’essor de l’IA met en péril le secteur clé de la sous-traitance informatique.
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