En alternative aux transports en commun et à la voiture, 89% des salariés reconnaissent les vertus du vélo pour se rendre au travail. Pourtant, seuls 10% se sont réellement convertis au « vélotaf » au quotidien. Un décalage qui s’explique par des freins psychologiques, la météo, mais aussi de fortes attentes envers les employeurs.
Le vélo, une alternative séduisante à la voiture ou aux transports en commun pour les travailleurs français, mais sans vraiment les convaincre réellement. C’est ainsi qu’on peut résumer une étude OpinionWay* pour l’opérateur de vélos et trottinettes Lime publiée ce mardi 2 juin et qui tente de décrypter ce qui peut motiver à passer au « vélotaf » (ou l’usage du vélo sur les trajets domicile-travail)… et ce qui bloque encore pour s’y convertir plus massivement.
D’après cette enquête, près de 9 salariés français sur 10 (89%) « se disent convaincus des bienfaits du vélo pour les trajets domicile-travail », mais « seuls 10% l’utilisent aujourd’hui de manière quotidienne ou quasi quotidienne ». Autre constat intéressant: 4 actifs sur 10 (39%) disent n’avoir encore jamais tenté l’expérience.
Les bienfaits du vélo au quotidien attirent les Français
Cette attente sur le vélo repose tout d’abord sur une certaine saturation des Français vis à vis des modes de transports actuellement utilisés. 75% des actifs se disent en effet découragés par les transports en commun, pointant du doigt les retards fréquents et les rames bondées. La voiture ne fait pas mieux: 69% des sondés n’en peuvent plus des embouteillages, sans parler des coûts associés, surtout en cette période de prix des carburants élevés.
Dans ce contexte, le vélo se présente ainsi comme une bouffée d’oxygène: 71% des salariés y voient un moyen de « reprendre la main » sur leur temps de trajet. Pour franchir le pas, la santé et le portefeuille priment: 55% des sondés évoquent l’opportunité de faire du sport sans y penser et 51% l’argument financier, devant l’idée de faire un geste pour l’environnement, à 40%.
Les collègues qui le pratiquent déjà se montrent la plupart du temps convaincus: « 69% disent arriver au travail dans un meilleur état d’esprit que s’ils avaient pris les transports en commun, tandis que 68% affirment que rentrer à vélo aide à décompresser », souligne le communiqué qui présente cette étude.
Météo, distance et transpiration: les freins du quotidien
Alors p+ourquoi un tel blocage avec autant d’arguments favorables? Près de la totalité des salariés (95%) identifient au moins un obstacle majeur. Sans surprise, la météo instable arrive en tête des critères dissuasifs pour 46% d’entre eux.
La longueur du trajet bloque également 43% des actifs. Pourtant, 68% des salariés ont un parcours de moins de 30 minutes… mais avec leur mode de transport actuel. Les sondés estiment qu’à vélo, ce temps moyen grimperait à 37 minutes.
Enfin, la peur d’arriver en sueur (41%) et le manque de sécurité des infrastructures (37%) complètent la liste des barrières à l’entrée. Sur ce dernier point, 55% des salariés réclament des pistes cyclables continues et sécurisées pour passer au vélotaf et 47% une meilleure cohabitation entre voitures et vélos.
Intermodalité et stimulation attendue des employeurs
Face à ces blocages, les solutions de micromobilité partagée et l’assistance électrique apparaissent aussi comme des leviers clés, notamment pour l’intermodalité, le fait d’utiliser plusieurs moyens de transport différents sur un même trajet. Ainsi, 62% des actifs se disent prêts à sauter le pas si un vélo électrique était facilement accessible pour effectuer le premier ou le dernier kilomètre en complément des transports collectifs. Un chiffre qui grimpe à 72% chez les moins de 35 ans.
Mais c’est surtout vers l’employeur que les regards se tournent. Pour 27% des salariés, l’entreprise représente le premier acteur légitime pour favoriser les trajets domicile-travail à vélo, loin devant l’État (16%) ou les mairies (14%) et métropoles (11%).
Les attentes financières sont fortes: 72% des salariés souhaitent que leur entreprise subventionne l’usage du vélo, que ce soit via une indemnité kilométrique dédiée (70%) ou un remboursement combiné transports en commun et vélo (69%). De quoi créer un cercle vertueux, avec plus de 7 salariés sur 10 (71%) qui affirment que voir leurs collègues venir à vélo leur donne envie de s’y mettre à leur tour.
*Étude OpinionWay pour Lime réalisée auprès de 834 salariés français vivant dans une agglomération de plus de 20 000 habitants, interrogés en ligne du 21 avril au 6 mai 2026.
