ENQUÊTE – Les pressions exercées par l’Administration américaine sur la recherche climatique soulèvent de vives préoccupations parmi les spécialistes de l’observation terrestre. L’Europe se retrouve désormais en première ligne face au désengagement des États-Unis.
« Pour la première fois après plus de trente ans de métier, nous sommes confrontés à une dégradation du système mondial d’observation de la Terre. » Peter Thorne, vice-président du GCOS (Système mondial d’observation du climat), une organisation internationale placée sous l’égide de l’ONU qui encourage la collaboration entre pays pour la collecte de données météorologiques et climatiques. Dans ces secteurs, cette coopération internationale joue un rôle clé : il n’est pas envisageable de prévoir la météo en France, ni dans ses territoires d’outre-mer disséminés sur le globe, sans disposer d’informations sur l’ensemble de la planète. Or, le président américain Donald Trump, qui considère le réchauffement planétaire comme une « arnaque », prévoit de réduire drastiquement les capacités futures d’observation de la Terre de la Nasa et de la NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique). « Nous assistons d’ores et déjà à un retournement après près de quatre-vingts ans d’améliorations constantes dans les moyens d’observation. »
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