Deux jours après sa sortie dans l’espace du mardi 18 août, Sophie Adenot est revenue sur son expérience dans le grand vide. En plus des images hors du commun, elle retient notamment le travail des équipes pour cette mission, qu’elle achèvera dans une deuxième sortie le 25 août.
« Une expérience qui sort de l’ordinaire, de ce qui est imaginable. » Mardi 18 août, Sophie Adenot est devenue la première femme française à sortir dans le grand vide de l’espace. Pendant plus de six heures, l’astronaute a réalisé une opération de réparation d’une antenne de communication de la Station spatiale internationale (ISS) qui s’est révélée plus ardue que prévu, et qu’elle achèvera dans une seconde sortie le mardi 25 août. De cette première expérience, Sophie Adenot retient des images « magnifiques » et une sensation « difficile à raconter ».
Dans un entretien au Figaro publié ce vendredi 21 août, Sophie Adenot revient sur cette sortie extravéhiculaire (EVA) aux côtés de l’Américain Anil Menon, une expérience qui « dépasse tout ce qu’on peut imaginer », selon elle. « Je me souviens de la première fois où j’ai vu Anil au bout du bras robotique, se détachant sur le noir de l’espace avec les étoiles en fond: c’était à la fois magnifique et très impressionnant », déclare-t-elle, assurant qu’elle se souviendra de certaines images « très longtemps ».
« C’est un peu comme si vous vous teniez en voiture au bord d’une falaise et que vous admiriez le précipice à travers la vitre et que vous descendiez brusquement de la voiture! Il n’y a plus aucune barrière, rien du tout », explique-t-elle.
Préparation minutieuse
Sur le plan technique, elle souligne également la préparation intensive à cette sortie et le soutien qui lui a été apporté. « Nous nous préparons à toutes les éventualités possibles », assure l’astronaute, qui évoque notamment un listage de tous les cas de figure possibles avec les équipes, un exercice qu’elle réalise aussi personnellement.
« Il s’agit d’essayer d’identifier toutes ces petites situations qui pourraient survenir, pour pouvoir me dire, le moment venu: ‘C’est une situation que je connais. Ça, j’ai déjà une solution' », témoigne Sophie Adenot.
« Je retiens aussi qu’en équipe, on est solides », assure l’astronaute, qui salue la « centaine de personnes en salle de contrôle qui nous soutenaient » et qui les assistaient à distance.
Courbatures comme après un accident de voiture
Malgré cette préparation, les deux astronautes ont fait face à certaines difficultés, notamment « des vis qui ne voulaient pas se visser, d’autres qui ne voulaient pas se dévisser, des connecteurs électriques qui refusaient de se déconnecter et d’autres de se connecter ». Mais Sophie Adenot assure qu’à chaque écueil, « nous avons réussi à rebondir et à trouver des solutions. »
« Il y a la théorie […] mais la pratique est parfois différente et il faut savoir s’adapter », déclare l’astronaute.
Rentrée de sa sortie, Sophie Adenot témoigne ressentir « encore des courbatures » deux jours après la mission. « Comme le scaphandre est pressurisé, chaque mouvement est difficile », assure-t-elle, comparant la sensation post-sortie à celle d’après un accident de voiture.
Durant leur sortie, Anil Menon et Sophie Adenot étaient équipés de scaphandres dont le poids total atteint 120kg, chacun d’eux disposant d’un litre d’eau et de suffisamment d’oxygène pour tenir une dizaine d’heures. L’astronaute précise avoir suivi une préparation similaire à celle d’un marathon, avec par exemple une « charge glucidique la veille ». Ce vendredi, elle se dit « prête pour la prochaine sortie mardi prochain ».
