En mission dans l’espace depuis février dans le cadre de Crew-12, l’astronaute française Sophie Adenot a partagé ce lundi un aperçu de sa vie quotidienne, particulièrement dense, à bord de la Station spatiale internationale.
À 400 kilomètres au-dessus de la Terre, Sophie Adenot, astronaute française, a raconté au micro de RTL ce lundi 18 mai la joie qu’elle éprouve depuis février à bord de l’ISS. Elle décrit une aventure “exceptionnelle” qui change radicalement sa vision du monde.
“La Terre est incroyablement belle, vaste, majestueuse et puissante, mais aussi vulnérable (…). Nous devons absolument la préserver”, affirme-t-elle. Depuis l’orbite, l’astronaute ressent aussi une grande “empathie pour l’humanité”. “On réalise combien l’être humain est insignifiant dans l’immensité du temps et de l’espace”, observe-t-elle, ajoutant que l’actualité montre à quel point “l’homme est capable du meilleur comme du pire”.
Elle invite à “travailler à l’unité plutôt qu’à la division, à bâtir au lieu de détruire”, lance la Nivernaise.
“Un débordement d’émotions positives”
Les cheveux dressés vers le haut, Sophie Adenot – première Française à vivre sur l’ISS depuis Claudie Haigneré il y a un quart de siècle – décrit sa routine. Ses “journées chargées” commencent par un briefing à 7h30 avec les équipes des différents centres de contrôle à travers le monde, et s’achèvent à 19h30 par un second briefing du soir, suivi d’un échange entre coéquipiers puis du dîner autour de 20h.
L’astronaute aime se lever avant la première réunion afin “d’avoir un moment à elle”, “d’ouvrir les volets”, et de pratiquer une séance de sport “à son propre rythme”. “Notre emploi du temps est découpé en tranches de 5 minutes”, précise-t-elle. “Chaque journée est dense et rythmée.”
Elle explique avoir été épargnée par les difficultés d’adaptation physique souvent rencontrées par les astronautes à leur arrivée. “Bien que je m’étais préparée avec mes médecins à toutes sortes de maux (…), dès que j’ai ressenti la micropesanteur, je me suis immédiatement sentie parfaitement bien. J’ai été envahie d’émotions positives, d’euphorie, je riais sans arrêt”, relate Sophie Adenot. “Flotter est très amusant (…) j’ai pu faire des saltos dès les premières heures.”
Participant à Crew-12 avec deux collègues américains et un cosmonaute russe, elle apprécie “la diversité des expériences” réalisées sur l’ISS. “Il y a à peine une demi-heure, j’étais couverte de capteurs pour des recherches sur le système cardiovasculaire”, indique-t-elle, soulignant son “intérêt particulier pour toutes les expériences médicales”, “directement transposables sur Terre”.
Sophie Adenot avoue aussi prendre plaisir à ses expériences “loufoques” du dimanche matin. “Je vous garantis qu’il y aura un bêtisier à la fin”, plaisante-t-elle, évoquant également les petits défis du quotidien. “On nous forme à toutes les situations techniques, mais les anecdotes les plus savoureuses sont celles de la vie courante : se coiffer, ou découvrir les toilettes complètement pleines, par exemple”, s’amuse-t-elle.
L’humour semble omniprésent à bord. L’équipe “s’entend à merveille”, assure-t-elle. “On a de grands fous rires fréquemment, mais on sait être très sérieux au besoin.”
Bien que rares, quelques petits manques se font sentir, comme une “galette bretonne”, des “légumes frais”, ou encore la possibilité “d’ouvrir une fenêtre et de sentir le vent” ou “l’odeur de la terre”. “Mais croyez-moi, je suis vraiment heureuse ici”, ajoute-t-elle.
Dans le module où sont rangées deux combinaisons spatiales, Sophie Adenot espère désormais être retenue pour une sortie extravéhiculaire possible cet été. “Je suis prête à partir, ma combinaison l’est aussi, alors croisez les doigts pour moi s’il vous plaît”, conclut-elle avec le sourire.