La recherche sur la genèse des cancers sera la clé d’une meilleure prévention


Une hausse marquée de l’incidence de certains cancers, tels que celui du pancréas, dont le pronostic demeure sévère ; une augmentation du nombre de diagnostics chez les moins de 50 ans ; des mises en garde répétées concernant les facteurs environnementaux… Les alertes liées aux cancers se multiplient et deviennent de plus en plus préoccupantes. En mars, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a qualifié de « situation préoccupante » la forte et croissante exposition de la population française au cadmium. Ce métal lourd, reconnu comme cancérogène, contamine principalement via l’alimentation. Les autorités publiques sont fréquemment critiquées pour leur manque de réaction face à ce problème.

Quelles avancées peut-on espérer pour renforcer la prévention, améliorer le dépistage, ou encore poser plus tôt le diagnostic de ces pathologies, avec désormais 20 millions de nouveaux cas chaque année dans le monde, un chiffre qui devrait continuer à grimper dans les décennies à venir ?

Il reste difficile d’agir sur le principal facteur de risque : l’âge. L’augmentation qualifiée d’« épidémique » des cancers s’explique en partie par l’allongement de la durée de vie. Il convient également de rappeler que le taux de guérison progresse, bien que ce dernier varie considérablement selon les pays et selon la localisation des tumeurs.

En prévention, les organismes de santé publique insistent sur le fait que 40 % des cancers pourraient être évités. Au niveau mondial, le tabagisme, les infections et la consommation d’alcool représentent les principaux facteurs évitables, responsables respectivement de 15,1 %, 10,2 % et 3,2 % des cas, selon une étude récente publiée dans Nature Medicine portant sur 30 paramètres.

« Ces estimations reposent sur des bases solides et sont essentielles pour guider les stratégies de santé publique », explique Claire Morgand, directrice de l’observation des sciences des données et de l’évaluation à l’Institut national du cancer (INCa). Toutefois, elle précise que ces résultats ne sont pas directement transposables à l’individu. Par ailleurs, en considérant chaque facteur séparément, ces analyses occultent la complexité et la nature multifactorielle du développement des cancers. On peut alors se demander pourquoi les facteurs environnementaux reconnus comme cancérogènes n’apparaissent pas dans ces classements, alors qu’une part significative de la population y est exposée, que ce soit via le lieu de vie ou l’alimentation ?

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