Incendies en Gironde : qu’est-ce qu’un pyrocumulonimbus, ce phénomène «d’orage de feu» inédit en France


Ce phénomène, observé pour la première fois en France, génère «des éclairs et des attaques de braises», a déclaré ce samedi le directeur départemental des services d’incendie et de secours du département.

L’incendie hors norme qui ravage la Gironde est monté en puissance dans la nuit de jeudi à vendredi. «Nous avons observé que le feu est passé en phase convective avec la création d’un pyrocumulus. Puis ce pyrocumulus s’est transformé en pyrocumulonimbus. Un phénomène qui n’a jamais été observé en France», a déclaré ce samedi le directeur départemental des services d’incendie et de secours du département de Gironde, Marc Vermeulen. «C’est une forme d’orage de feu. Ce genre de phénomène est amené à générer des éclairs mais également de provoquer des attaques de braises», a-t-il ajouté, précisant ne connaître à ce stade ni la vitesse de propagation ni la localisation exacte de ce pyrocumulonimbus. Dans la nuit de vendredi à samedi, «à la faveur d’une augmentation de l’humidité», ce pyrocumulonimbus s’est déclassé pour «revenir sur un feu un peu plus normal, mais toujours avec une certaine force», a-t-il conclu.

Vendredi soir sur TF1, Laurent Nuñez avait déjà employé l’expression «feu convectif» pour décrire la situation, expliquant, là encore, que la France n’avait «jamais vu ça». «La sécurité civile française considère que l’on est confronté à une situation totalement inédite et en tout cas bien supérieure à ce que nous avons connu en 2022», avait conclu le ministre de l’Intérieur. Selon un dernier décompte rendu public ce samedi par la préfecture, le feu a parcouru au moins 32.000 hectares et détruit 140 maisons.

Une immense cheminée d’air chaud

L’expression de «feu convectif» ne désigne ni l’origine du feu ni une catégorie particulière de végétation, mais une manière très spécifique pour un incendie de se comporter. Tout incendie produit une colonne d’air chaud ascendante. On parle toutefois de «feu convectif» lorsque les mouvements d’air engendrés par le brasier deviennent assez puissants pour jouer un rôle déterminant dans sa propagation.

L’incendie ne dépend alors plus seulement du vent qui souffle sur la région : il bouleverse lui-même les mouvements de l’air autour de lui. Comment un feu peut-il atteindre une telle puissance ? Et pourquoi ce basculement complique-t-il autant le travail des pompiers ?

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