Être ou ne pas être à la mode ? Un dilemme qui nous préoccupe depuis plus de 30.000 ans


Des pigments préhistoriques aux parures personnalisées, du Mésolithique et du Néolithique, la mode est le fruit d’une longue évolution et d’un équilibre délicat entre ressemblance et différence.

Depuis quand, dans l’histoire humaine, autre chose que le climat ou l’environnement a-t-il poussé les individus à choisir telle ou telle tenue vestimentaire ? C’est la question que se sont posée les archéologues Francesco d’Errico et Solange Rigaud, de l’université de Bordeaux, qui passent en revue l’ensemble des données disponibles sur l’émergence de la mode, dans un article publié dans la revue Evolutionary Anthropology . « Une des particularités de l’humanité est d’utiliser son corps comme un objet culturel », explique Francesco d’Errico. Les racines de ces pratiques «esthétiques» et comportementales remontent au moins à l’usage de pigments il y a environ 400.000 ans, comme l’ocre pour teinter la peau ou les objets, et la découverte des premières parures. Mais ce n’est toutefois qu’avec l’essor des grands cimetières mésolithiques et néolithiques que l’on peut commencer à comparer systématiquement les façons d’« habiller » les corps.

Avant cela, les usages n’entrent pas…

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