Il ne sera pas sur la ligne de départ de la course à l’Élysée. Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a repris la parole ce dimanche 12 juillet, pour la première fois depuis l’annonce de candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, disant soutenir sa mentor, condamnée en appel pour détournement de fonds publics.
« Aujourd’hui, c’est entre ses mains que repose le destin de la France. Il m’appartient de l’aider à gagner », déclare-t-il dans un entretien accordé au Figaro.
Interrogé sur son changement de statut, de potentiel candidat à la présidentielle à prétendant au poste de Premier ministre, Jordan Bardella assure balayer tout sentiment d’amertume. « Je vais très bien. Merci de vous en soucier », lance-t-il.
Une manière de répondre aux observateurs qui l’avaient décrit visage fermé et mâchoire serrée lors d’un premier déplacement mercredi dernier en compagnie de Marine Le Pen dans la Sarthe.
« Je souhaite gouverner »
L’ancien plan B devenu champion des sondages et auteur de best-sellers politiques dénie « toute forme d’humeur contrariée ou de déception ». « La France est en danger et nous avons pour mission de la sauver », assure-t-il.
À 30 ans, il a pourtant été ces derniers mois le candidat le plus probable pour le RN, parfois traité comme un futur chef d’État lors de déplacements à l’étranger comme en Pologne.
Mais la décision de la cour d’appel de Paris, mardi dernier, a rendu à Marine Le Pen son éligibilité. Et grâce à un pourvoi en cassation, elle repousse la mise en œuvre éventuelle de la peine d’un an de bracelet électronique à laquelle elle a été condamnée.
Pour Jordan Bardella, l’objectif est maintenant de « bâtir le programme », « former un gouvernement », et conduire le RN à la conquête d’« une majorité solide » à l’Assemblée nationale.
Si la candidate du RN remporte la présidentielle, c’est lui qui devrait être nommé à Matignon. « Marine Le Pen aspire à présider la France. Je souhaite la gouverner », assure Jordan Bardella.
« Sur le plan budgétaire, 2027 n’est pas 2022 »
Mais quel programme appliquera-t-il ? « Sur le plan budgétaire, 2027 n’est pas 2022 et 2022 n’était pas 2017 », anticipe l’eurodéputé, jugeant « normal » des débats internes au sein du RN. « Un parti sans discussion et des chefs entourés de silence, cela n’existe pas », assure-t-il.
« Nous avons un principe simple entre nous : la liberté dans la discussion et l’unité dans la décision. Nous nous réunirons la semaine prochaine, à nouveau plusieurs jours, pour travailler sur le programme », explique Jordan Bardella.
Il affiche également son ambition « de constituer un gouvernement d’union nationale qui ne sera pas composé exclusivement de cadres ou de parlementaires issus du RN ». Mais en lorgnant surtout vers la droite.
« Une grande partie de l’électorat historique de la droite est aujourd’hui orpheline d’un leader et d’une incarnation », affirme-t-il, se disant convaincu que le président et candidat des Républicains « Bruno Retailleau finira par rejoindre Édouard Philippe », actuellement le mieux placé au sein du bloc central.
