La députée écologiste attaque la stratégie suivie par Marine Tondelier à neuf mois de la présidentielle. Elle lui reproche notamment d’avoir écarté La France insoumise d’un accord pour les sénatoriales avant de rouvrir, quelques jours plus tard, les discussions avec Jean-Luc Mélenchon pour 2027.
«Je ne comprends pas sa ligne», a lancé Sandrine Rousseau ce lundi matin sur Franceinfo à l’adresse de Marine Tondelier. En désaccord ouvert avec sa cheffe de file sur la stratégie présidentielle depuis l’automne dernier, la députée de Paris a encore durci le ton ces derniers mois.
Après avoir jugé sa candidature «à contretemps»  en octobre, elle estimait en mars que les écologistes courraient «à la catastrophe» avec elle, avant d’appeler fin juin les militants à ne pas la soutenir. Son premier grief concerne les sénatoriales de septembre. Les Écologistes ont conclu un accord avec le Parti socialiste et le Parti communiste pour présenter des listes communes dans plusieurs départements, sans La France insoumise. Or, la secrétaire générale des Écologistes a proposé quelques jours plus tard de rencontrer toutes les forces de gauche, de Jean-Luc Mélenchon à Raphaël Glucksmann, dans l’espoir d’aboutir à une candidature commune pour 2027.
C’est cette ambivalence stratégique que Sandrine Rousseau déplore. Elle reproche à son parti d’écarter La France insoumise (LFI) au moment de négocier des sièges, puis de rechercher son concours pour la présidentielle. «Quand on a des places à gagner, on y va. Quand on n’a pas de place à gagner, on n’y va pas», cingle-t-elle. La députée juge incohérent d’avoir écarté LFI de cette négociation avant de solliciter à nouveau le mouvement pour la présidentielle. Elle qualifie la séquence d’«un peu légère» et va jusqu’à évoquer «presque le pire de la politique».
Marine Tondelier «décide un peu toute seule»
Sandrine Rousseau met Ă©galement en cause la stratĂ©gie prĂ©sidentielle de Marine Tondelier. InterrogĂ©e sur la prĂ©sence Ă©ventuelle des Écologistes au premier tour, elle rĂ©pond qu’«il faut demander Ă Marine Tondelier puisque visiblement, elle dĂ©cide un peu toute seule des choses». Elle souhaite, Ă l’inverse, que son parti ne prĂ©sente pas de candidat et discute avec La France insoumise comme avec le Parti socialiste. La dĂ©putĂ©e va plus loin en prĂªtant Ă Marine Tondelier une stratĂ©gie attentiste : «Je trouve qu’elle occupe le terrain jusqu’à ce que les socialistes trouvent leur candidat», dĂ©plore-t-elle. Selon Sandrine Rousseau, cette position ne sert qu’à retenir des militants Ă©cologistes tentĂ©s de soutenir LFI, dont le programme apparaĂ®t, Ă ses yeux, «plus clair» que celui de la social-dĂ©mocratie.
Cette opposition Ă une candidature Ă©cologiste autonome s’accompagne d’un soutien appuyĂ© au programme de Jean-Luc MĂ©lenchon. Sandrine Rousseau refuse toutefois de dire qu’elle est prĂªte Ă faire campagne pour le leader insoumis. «Non, je veux que la gauche gagne», rĂ©pond-elle lorsqu’elle est interrogĂ©e sur cette possibilitĂ©. Sur l’écologie, la dĂ©putĂ©e accorde nĂ©anmoins un avantage clair Ă Jean-Luc MĂ©lenchon. InterrogĂ©e sur les propos tenus la veille dans les colonnes de LibĂ©ration par la ministre de la Transition Ă©cologique Monique Barbut, qui estime que le leader insoumis est celui qui «intègre le plus la question du climat dans ses propositions Ă©conomiques et sociales», Sandrine Rousseau acquiesce. «Aujourd’hui, Ă gauche, Jean-Luc MĂ©lenchon a un programme qui s’affronte Ă ce dĂ©fi Ă©cologique», juge-t-elle.
Le Parti socialiste concentre au contraire ses critiques. Sandrine Rousseau lui reproche de construire sa primaire autour de sa distinction avec LFI et l’interpelle sur les conséquences de la crise climatique de l’été. «Quelles sont vos propositions?», questionne-t-elle. «Je n’ai pas entendu le Parti socialiste en avoir la moindre.»