Le candidat Horizons à l’élection présidentielle Édouard Philippe entend abaisser à 12 mois la durée d’indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans, a-t-il expliqué à l’AFP dans un article publié ce jeudi, avant de débattre au Medef ce jeudi 27 août. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron veut aussi « mettre fin à l’open bar » des arrêts de travail et « défendre » le pacte Dutreil pour la transmission des entreprises familiales.
« Sur l’assurance chômage, ma direction c’est de faire comme l’Allemagne. Douze mois d’indemnisation maximum pour les moins de 50 ans », a déclaré le maire du Havre.
La durée maximale d’indemnisation est actuellement de 18 mois pour les moins de 55 ans, depuis une réforme intervenue en 2023 qui avait déjà réduit de six mois l’ouverture des droits alors possible jusqu’à 24 mois.
Cette durée sera portée à 15 mois en cas de rupture conventionnelle à partir du 1er septembre 2026, selon une nouvelle réforme.
Le candidat à l’élection présidentielle, qui interviendra aux côtés de six concurrents jeudi lors de l’Université de rentrée du Medef, entend par ailleurs « mettre fin à l’open bar des arrêts de travail ».
« Il faut lutter contre le phénomène de chantage à l’arrêt maladie »
« L’évolution actuelle des arrêts de travail liés à la maladie, c’est, en valeur, une augmentation de presque 40 % entre 2019 et 2025 ». « Une dérive préoccupante », « pas simplement pour les comptes : ça l’est, de l’ordre de 17 milliards d’euros (annuels) », mais aussi « pour l’activité des entreprises et des administrations » et « pour l’ambiance au travail », a jugé Édouard Philippe.
« En Espagne, on indemnise mieux les congés longs. En revanche on est plus dur avec les congés courts. On peut s’inspirer de cette logique et par exemple renforcer les journées de carence d’ordre public » : « le premier jour, les deux premiers jours ne seront pas indemnisés lorsque c’est un arrêt ponctuel », a-t-il prôné.
« Il faut lutter contre le phénomène de chantage à l’arrêt maladie en créant une période incompressible », de « trois, cinq ou six mois », « entre l’arrêt maladie et la rupture conventionnelle », a par ailleurs préconisé M. Philippe.
Autre message aux entreprises : « il faut arrêter à intervalles réguliers de remettre en cause l’existence du pacte Dutreil » pour la transmission des entreprises familiales.
Ce dispositif « a un immense mérite : l’ensemble des entreprises qui ont un capital familial savent que tant qu’il existe, il n’y a pas trop à se poser de questions sur la façon dont on va pouvoir passer l’entreprise à la génération d’après », a-t-il argumenté, jugeant « extrêmement important d’envoyer ce signal aux entrepreneurs à la veille d’un immense mouvement de transmission à l’échelle du pays ».