REPORTAGE – Deux ans après la crise insurrectionnelle, l’exode des habitants de l’archipel se poursuit. Beaucoup n’ont jamais pu retrouver leur maison, forcés de fuir. L’instabilité politique et le manque d’avenir freinent la reconstruction du territoire.
Tout quitter, le cœur lourd, pour tenter de se reconstruire dans un pays inconnu. Comme tant d’autres en Nouvelle-Calédonie, Marjorie a choisi de tourner la page sur vingt-cinq années de vie : sa famille, ses proches, son poste, son appartement et une qualité de vie enviée. Pourtant, la blessure provoquée par les événements du 13 mai 2024 — lorsque, il y a deux ans jour pour jour, des milliers de Kanaks indépendantistes ont manifesté contre le projet de révision constitutionnelle visant à ouvrir partiellement le corps électoral lors des élections provinciales — reste toujours vive.
Alors qu’elle emballe ses affaires pour déménager depuis son deux-pièces situé dans le quartier de la Vallée-des-Colons, en plein centre de Nouméa, cette trentenaire, responsable RH dans une entreprise, sait précisément ce qu’elle abandonne, mais ignore ce que l’avenir lui réserve. La France, où elle s’apprête à partir, lui est presque étrangère. «Je n’avais jamais pensé…
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