Environ 40.000 migrants sont entrés illégalement en Espagne, et donc au sein de l’espace Schengen européen ces dernières heures à Ceuta, enclave espagnole au Maroc, provoquant l’ire de plusieurs pays de l’Union européenne. La France va renforcer ses contrôles à la frontière espagnole.
Paris durcit à son tour le ton face à Madrid. Alors qu’environ 40.000 migrants sont entrés ces derniers jours en Europe par Ceuta, enclave espagnole au Maroc, Emmanuel Macron « a demandé au ministre de l’Intérieur de prendre toutes les dispositions appropriées pour renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne », a appris BFMTV de l’entourage du chef de l’État.
« Des contacts sont par ailleurs en cours avec les autorités espagnoles et marocaines afin d’assurer un suivi étroit de la situation et de renforcer la coordination entre les différents services concernés », ajoute la même source.
Selon le dernier bilan, au moins 27 personnes sont mortes en tentant de franchir à la nage la frontière espagnole, expliquent les forces de sécurité locales.
Madrid « a complètement échoué »
Le président de la République « a également souligné que la France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire, si celles-ci en expriment le besoin, y compris au travers de l’agence Frontex ».
« Ces mesures s’ajoutent à celles déjà prises en 2020 pour renforcer le dispositif de sécurisation de la frontière espagnole: doublement des forces de sécurité à la frontière espagnole, réforme du code Schengen en 2024 pour renforcer les contrôles, brigades communes et action coordonnée avec les autorités espagnoles pour lutter contre l’immigration clandestine », confie là encore à BFMTV l’entourage d’Emmanuel Macron.
Plus tôt ce vendredi matin, Laurent Nuñez avait affirmé sur RTL que Paris allait renforcer « le contrôle à la frontière » franco-espagnole.
La Finlande a dit vendredi soutenir la proposition italienne de fermer l’espace Schengen à l’Espagne après l’entrée illégale de ces milliers de migrants en provenance du Maroc, jugeant que Madrid « a complètement échoué à protéger la frontière extérieure de l’espace Schengen ». Pedro Sánchez évoque, de son côté, « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ».
