Guillaume Tabard : «Loi fin de vie, convictions avant tout ou compromis à tout prix ?»


CONTRE-POINT – Le véritable tournant ne sera pas le vote en seconde lecture, mais bien la commission mixte paritaire (CMP), que le gouvernement convoquera ensuite, poussé par sa volonté de conclure rapidement.

Aucune procédure accélérée n’a été retenue, afin de garantir un débat « serein » et « respectueux » des convictions individuelles. C’était la promesse d’Emmanuel Macron lorsqu’il a présenté son projet de légalisation de l’aide active à mourir. Cependant, à l’approche de la fin du quinquennat et alors que le créneau parlementaire se réduit, la pression croît pour obtenir un vote définitif avant la pause estivale.

Le Sénat tient désormais la parole. À l’instar de la première lecture, il refusera de valider tel quel le texte issu de l’Assemblée. Il convient toutefois de se méfier des apparences trompeuses. Il est tentant de caricaturer l’opposition entre deux chambres : d’un côté une Assemblée acquise à l’aide active à mourir, de l’autre un Sénat qui y résisterait ; l’une progressiste, l’autre gardienne du conservatisme ; l’une en phase avec une opinion publique exigeant ce « droit », l’autre insensible aux mutations sociétales.

Des enjeux tactiques prennent le pas sur le débat

Cette représentation est trompeuse sur le plan sémantique, et donc risquée politiquement, car l’Assemblée nationale affiche en réalité des divisions plus profondes qu’il n’y paraît. Lors de la seconde lecture…

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