Nous, acteurs du théâtre et du spectacle vivant, tenons à afficher notre soutien à l’ensemble des signataires de la tribune rendue publique par des producteurs, distributeurs, exploitants, cinéastes, techniciens et lanceurs d’alerte, dans le journal Libération du 11 mai. Nous dénonçons avec détermination toute forme de boycott, de censure ou de listes noires, des pratiques qui rappellent les épisodes les plus sombres de notre histoire. Nous réaffirmons ainsi l’importance d’une vigilance permanente face à des menaces de plus en plus explicites et désormais assumées contre la liberté d’expression en France.
« Il faut faire nombre », affirme justement, dans les colonnes du Monde, le réalisateur Robin Campillo pour expliquer pourquoi il a décidé de rejoindre les 600 premiers signataires de cette tribune. Il ne nous revient pas, ici, de détailler chaque point de cette prise de position, ce que d’autres font à juste titre. Ce que nous condamnons, c’est la réaction disproportionnée et scandaleuse de l’entreprise visée et de ses dirigeants.
Nous réagissons avec urgence et fermeté alors que la 79e édition du Festival de Cannes touche à sa fin, en raison de la rapidité, de la violence et de la dureté de la réponse publique apportée par Maxime Saada, directeur général du groupe Canal+, le 17 mai, ainsi que de la stigmatisation qu’il exerce à l’encontre des artistes et techniciens concernés. Ces derniers n’ont fait qu’exprimer une préoccupation légitime face à l’influence croissante et alarmante du groupe Bolloré sur une large partie des espaces dédiés à la création, à la diffusion de l’information, à l’art et à la culture.
Ne pas détourner le regard : c’est présent
Le véritable visage de ce qui s’insinue progressivement dans les lieux de réflexion, de débat, de transmission et d’éducation se révèle aujourd’hui, et il correspond à nos craintes : un mouvement d’ampleur, une dynamique orchestrée destinée à réduire au silence toute voix dissidente et à imposer une conformité généralisée.
Il vous reste 44.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.