Le Royaume-Uni doit « retrouver sa stabilité », déclare le nouveau Premier ministre Andy Burnham


Le « roi du Nord » à Downing Street. Au Royaume-Uni, le travailliste Andy Burnham prend, lundi 20 juillet, ses fonctions de Premier ministre, succédant à Keir Starmer, deux années seulement après son élection triomphante à Downing Street. 

Lors de son premier discours devant le 10, Downing Street, il a promis de « redresser la barre » afin que le Royaume-Uni « retrouve la stabilité ».

Entre la défiance grandissante envers représentants politiques, dans ce pays qui a connu six Premiers ministres en dix ans, la croissance atone, l’inflation et une dette publique préoccupante, le nouveau chef du gouvernement aura fort à faire pour redresser le pays et répondre aux multiples attentes. 

Conformément à la coutume, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l’Angleterre) jusqu’au mois dernier a rencontré, lundi, le roi Charles III, qui lui demandé de former le gouvernement, avant son premier discours en tant que Premier ministre, dédié à sa vision pour le pays.

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Image de couverture : © France 24

Après avoir reçu le soutien d’environ 95 % des députés travaillistes, Andy Burnham est devenu, vendredi, le chef du Labour, parti majoritaire au Parlement – une étape incontournable pour prendre la tête du gouvernement.

Son prédécesseur était arrivé à Downing Street en juillet 2024, après une victoire écrasante du Labour aux législatives, mettant fin à quatorze ans de gouvernement conservateur.

Lors d’un ultime discours devant le 10, Downing Street, Keir Starmer s’est dit « fier » du travail accompli en deux ans à la tête du Royaume-Uni, jugeant que le pays était « plus fort et plus juste » qu’à son arrivée. Le Royaume-Uni est « aujourd’hui plus fort et plus juste qu’il ne l’était il y a deux ans », a déclaré Keir Starmer, qui passe le relais à un autre travailliste, Andy Burnham. « Je pars avec le sourire, et je pars fier de tout ce que nous avons accompli », a-t-il ajouté.

Keir Starmer avait annoncé son départ le 22 juin, impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein de son parti après des décisions maladroites, des polémiques et des défaites électorales locales.

Après son discours d’adieu au 10 Downing Street à Londres – la résidence officielle et le lieu de travail du Premier ministre – il est allé présenter sa démission au roi Charles III au palais de Buckingham.

Faible marge de manœuvre 

Le nouveau gouvernement devrait être annoncé dans l’après-midi.

Beaucoup s’interrogent sur le successeur de Rachel Reeves au poste de ministre des Finances. Plusieurs noms ont circulé, dont celui de Shabana Mahmood, jusqu’ici à l’Intérieur, où elle a mené une politique très ferme sur l’immigration.

Andy Burnham va devoir répondre à des défis qui ont provoqué la chute de ses prédécesseurs, au premier rang desquels une croissance économique atone et une crise persistante du coût de la vie. Sa marge de manœuvre est faible en raison d’une dette publique très élevée.

Les travaillistes comptent sur Andy Burnham, surnommé « le roi du Nord », pour stopper l’ascension vers le pouvoir du parti anti-immigration Reform UK (extrême droite), en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Vendredi, dans son premier discours en tant que chef du Labour, Andy Burnham, habile communicant au style détendu, a estimé qu’il s’agissait de « la dernière chance » pour son parti. Il a promis de construire « une nouvelle politique » et d’incarner un parti « authentiquement » travailliste.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham avait quitté Londres pour retourner dans le Nord, dont il est originaire. Il avait été élu maire du Grand Manchester en 2017.

C’est à la tête de cet ancien bastion industriel, qui a connu un renouveau économique, qu’il est devenu l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays.

Nouvelle politique énergétique ?

Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un « N°10 du Nord » – référence au 10, Downing Street – qui serait basé à Manchester.

La première annonce du gouvernement est tombée samedi soir : un porte-parole a signalé l’abandon du projet de carte d’identité numérique, une mesure de Keir Starmer qui visait à lutter contre le travail des migrants en situation irrégulière.

Selon des médias britanniques, Andy Burham pourrait donner le feu vert pour développer des champs pétrolier et gazier en mer du Nord. Selon Lucy Powell, la numéro 2 du Labour, ce ne sont que des « spéculations » mais, a-t-elle ajouté, le nouveau Premier ministre aura une approche « plus pragmatique » sur le sujet.

Le président américain Donald Trump, qui a appelé plusieurs fois à l’exploitation des ressources en mer du Nord, n’a pas attendu d’annonce officielle pour se féliciter : cela fera passer le Royaume-Uni du statut de « désastre frappé par la pauvreté à celui de l’un des pays les plus riches de la planète », a-t-il affirmé sur sa plateforme Truth Social.

Avec AFP



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