L’agitation s’est dissipée à Niamey, la capitale du Niger, dimanche 30 août après qu’une mutinerie a été déjouée la veille par le régime militaire avec l’appui de son partenaire russe.
D’intenses combats ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, et ce n’est qu’en fin de journée samedi que l’armée et ses alliés russes, les paramilitaires d’Africa Corps, ont repris le contrôle face à des mutins qui avaient notamment tenté de pénétrer dans les locaux de la présidence.
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Des dizaines de soldats ont été tués ou arrêtés après qu’un groupe de jeunes militaires a tenté de se mutiner dans la capitale du Niger, dans ce qui a été considéré comme une menace majeure pour la junte au pouvoir dans le pays, selon un reportage diffusé par la télévision d’État et des analystes.
Le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir par un putsch en juillet 2023 et qui s’est rapproché de la Russie, un partenaire privilégié.
Dimanche matin, à Niamey, les accès à la base aérienne de l’aéroport – où s’étaient retranchés les mutins samedi – et à la présidence étaient de nouveau rouverts, selon des résidents de la capitale. Les habitants vaquent à leurs occupations et des commerces fermés samedi ont également rouvert, comme le grand marché de Niamey.
Important dispositif sécuritaire
« Nous avions passé une nuit d’enfer vendredi, ce matin (dimanche) c’est comme au paradis car la soirée d’hier (samedi) a été très agréable », raconte un résident de Talladjé, un quartier proche de la base 101.
Un important dispositif sécuritaire est toutefois maintenu, des soldats filtrant les entrées à la présidence avec des détecteurs de métaux.
Des véhicules surmontés de mitrailleuses et des soldats sont également postés le long des rues proches de la présidence et un dispositif similaire est en place vers l’aéroport.
« Ce qui s’est passé (la mutinerie), c’était entre nous Nigériens. Il faut désormais que des choses aussi graves ne se reproduisent plus, le pays fait déjà face au terrorisme », a affirmé un commerçant du quartier Route Tchanga, riverain de l’aéroport.
Samedi soir, dans un communiqué, la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe les trois juntes alliées du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avait dit avoir fait « l’objet de trahison par un groupe de soldats impliqués dans une entreprise de déstabilisation », finalement « contenue et mise en échec ».
Parmi les réactions internationales, l’Arabie saoudite a « réaffirmé » dimanche sa « solidarité avec le gouvernement et le peuple du Niger frère », tout comme la Turquie, alliée de Niamey, et l’Algérie voisine.
C’est la troisième fois cette année que Niamey connaît des échanges de tirs, mais en janvier et en juin il s’agissait d’attaques jihadistes visant l’aéroport international et la base militaire, qui avaient été repoussées en quelques heures, déjà avec l’aide d’Africa Corps pour la première d’entre elles.
Le Niger fait face depuis le milieu des années 2010 à des violences jihadistes qu’il peine à endiguer, comme ses voisins, le Burkina Faso et le Mali, également dirigés par des juntes qui se sont aussi rapprochées de Moscou.
Avec AFP
