Donald Trump a averti Taïwan, le vendredi 15 mai, de ne pas proclamer son indépendance, à la suite d’une déclaration particulièrement ferme du président chinois Xi Jinping.
Le chef d’État américain a tenu ces propos juste avant de quitter Pékin. Sa visite, bien qu’ayant affiché une volonté de stabilité entre les deux grandes puissances, n’a abouti à aucune avancée majeure, notamment sur les dossiers commerciaux ou concernant l’Iran, allié de la Chine.
« Je ne veux pas que quelqu’un déclare l’indépendance et, vous savez, qu’ensuite on nous demande de parcourir 15 000 kilomètres pour faire la guerre », a déclaré Donald Trump dans un extrait diffusé vendredi par Fox News.
Il a ajouté : « Nous ne souhaitons pas voir quelqu’un se dire : ‘Proclamons l’indépendance car les États-Unis nous soutiendront.’ » Il a également précisé qu’aucune décision n’avait encore été prise au sujet d’une éventuelle vente d’armes à l’île, pour laquelle Washington reste le principal partenaire militaire.
« Je souhaite que [Taïwan] contribue à apaiser les tensions. Je veux que la Chine fasse de même », a-t-il poursuivi.
« Donald Trump a obtenu les images recherchées »
La veille, Xi Jinping, avec une fermeté inhabituelle, avait averti : « La question taïwanaise demeure l’enjeu principal des relations sino-américaines. Si elle est bien gérée, les rapports entre la Chine et les États-Unis pourront rester globalement stables. À l’inverse, une gestion maladroite pourrait mener à une confrontation, voire à un conflit. »
Pékin considère Taïwan comme une province chinoise n’ayant jamais été réunifiée avec le continent depuis la fin de la guerre civile en 1949. La Chine plaide pour une résolution pacifique, tout en n’excluant pas une action militaire.
Les discussions à propos de Taïwan se sont révélées être l’un des points les plus marquants du sommet à Pékin.
« Donald Trump a obtenu les images qu’il recherchait, et les autorités chinoises ont accepté de les lui fournir. À mon sens, il s’agissait davantage de renforcer la dynamique bilatérale que de parvenir à des résultats concrets », analyse Jacob Stokes, spécialiste au Center for a New American Security.
La visite prévue de Xi Jinping à Washington à l’automne constituera un nouveau test pour le fragile équilibre entre les deux premières puissances mondiales.
Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, estime que la Chine va « exercer de fortes pressions » pour que Donald Trump ne prenne aucune mesure concernant les ventes d’armes à Taïwan avant cette rencontre.
Pékin et Washington ont convenu de continuer à respecter l’ensemble de leurs accords commerciaux existants et de mettre en place des conseils dédiés au commerce et à l’investissement, a indiqué vendredi le ministre chinois des Affaires étrangères dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre entre les deux chefs d’État.
De son côté, le président américain, toujours emphatique, a évoqué des accords commerciaux « fantastiques », citant notamment une commande de 200 avions Boeing, susceptible d’être augmentée, même si le constructeur n’a pas immédiatement confirmé la transaction.
Source : AFP