Pour respecter son engagement « envers la souveraineté numérique », le Parlement européen va abandonner Google pour Qwant, moteur de recherche français mal aimé pourtant au cœur d’un projet européen


Le moteur de recherche français Qwant va devenir celui par défaut de l’ensemble des ordinateurs du Parlement européen, ont annoncé des responsables dans une communication interne consultée par Politico.

Fin de partie pour Google qui ne sera plus le moteur de recherche par défaut des ordinateurs du Parlement européen? Dans une communication interne consultée par nos confrères de Politico, on apprend que c’est le français Qwant qui le remplacera, « conformément à l’engagement du Parlement envers la souveraineté numérique et la protection des données personnelles des utilisateurs ».

Google est en effet connu pour puiser dans les données de navigation afin de personnaliser la recherche, mais aussi et surtout nourrir ses données publicitaires.

Préserver la vie privée des membres du parlement

Cette pratique lui a d’ailleurs valu plusieurs amendes importantes dans l’Union européenne. En septembre 2025, l’entreprise américaine s’était vue condamnée à verser 100 millions d’euros par la Cnil pour sa politique de cookies jugée « négligente ».

Qwant, propriété de Synfonium, société détenue à 75% par les frères Miroslaw et Octave Klaba et à 25% par la Caisse des dépôts et consignations, dispose d’une part de marché de moins d’1% dans l’Hexagone et de moins de 0,5% au niveau mondial.

Lancé en 2013, il se veut être une alternative préservant la vie privée de ses utilisateurs et dispose surtout de son propre index (les résultats de recherche). Si celui-ci est toujours en cours de construction, il s’aide pour le reste de celui de Bing, la solution de Microsoft, tout en assurant que les données envoyées au géant américain sont complètement anonymisées puisque les éléments de recherche ne sont pas conservés et qu’aucun d’eux n’est ensuite vendu.

Le moteur de recherche français Qwant © Capture BFM Tech

Qwant fait aussi équipe avec l’Allemand Ecosia, au sein d’une co-entreprise appelée European Search Perspective (EUSP) dans le but de créer un index de recherche web européen, baptisé Staan pour Search Trusted API Access Network, qui permettra d’accélérer l’indexation et la quête de souveraineté des deux sociétés. L’index devrait remplacer progressivement Bing.

Ce duo rentre pleinement dans l’objectif affiché de l’Europe: s’assurer d’une meilleure souveraineté face à des entreprises américaines omniprésentes dans le secteur des nouvelles technologies.

BFM Tech avait tenté l’aventure Qwant il y a quelques mois, notamment en le comparant à DuckDuckGo (qui est américain). Le bilan avait été plutôt positif en dépit de résultats encore en retrait par rapport à Google – l’indexation de Bing étant moins bonne en France qu’aux Etats-Unis.

A noter que Qwant ne se contente pas simplement d’être un moteur de recherche pour les adultes: une version pour enfant existe. Un chat IA est aussi accessible, là aussi respectueux de la vie privée.



Source link

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici