Face au fléau des images pédopornographiques générées par IA, une association conseille aux parents de ne pas partager de photos de leurs enfants en ligne



Chargée de détecter et retirer les contenus pédopornographiques en ligne, l’Internet Watch Foundation s’inquiète du partage de photos et vidéos de mineurs par les parents sur les réseaux sociaux. Car s’ils n’ont aucune mauvaise intention en le faisant, les criminels se servent de l’IA pour transformer ces clichés en contenus à caractère sexuel.

C’est un conseil qui n’est pas nouveau, mais qui vaut la peine d’être réitéré, surtout quand les abus et risques potentiels prennent une telle ampleur. Depuis des années, des associations et autorités mettent en garde les parents contre la publication de photos de leur enfant sur les réseaux sociaux. Une pratique connue sous le nom de « sharenting » et qui inquiète même le gouvernement. Car ce partage qui semble anodin n’est pas sans risque.

Au-delà de la question du consentement de l’enfant, c’est surtout le danger que ces clichés tombent entre de mauvaises mains qui préoccupe. Non seulement, ils peuvent finir sur des forums pédopornographiques, ils peuvent aussi être transformés en contenus d’abus sexuels sur mineurs à l’aide de l’IA. C’est ce qui pousse l’Internet Watch Foundation (IWF) à inviter les parents à la prudence concernant le partage de photos de leur enfant sur les réseaux sociaux.

Chargée de détecter et retirer les contenus pédopornographiques, cette organisation britannique avait déjà alerté sur une progression « glaçante » des images pédopornographiques générées par IA en 2024. Et en 2025, elle a trouvé 8.029 contenus d’abus sexuels sur mineurs créés par cette technologie, soit une hausse de 14% par rapport à l’année précédente.

Des menaces bien réelles

Face à ce fléau, l’IWF s’est associée à la National Crime Agency, qui a aussi constaté que les criminels utilisaient de plus en plus l’IA pour créer des contenus à caractère sexuel réalistes. Ensemble, elles ont lancé une campagne pour aider les parents à prendre des décisions éclairées concernant l’image de leurs enfants, à travers des publicités sur les réseaux sociaux et de nouvelles recommandations.

« Nous ne voulons pas dire ne pas partager les photos de vos enfants avec vos proches, mais nous souhaitons que chacun soit conscient des risques potentiels (…) en ayant tout les informations en sa possession. Il ne s’agit pas de menaces hypothétiques, elles sont bien réelles », a assuré Kerry Smith, PDG de l’association.

L’objectif avec ces recommandations est autant d’empêcher ces clichés de tomber entre de mauvaises mains que de bien informer l’enfant concerné. L’IWF fournit ainsi des conseils pour aider les parents à aborder le sujet du consentement avec lui, mais aussi de ces contenus générés par IA et de la marche à suivre s’ils en est victime.

Elle rappelle également qu’ils peuvent tout à fait demander à des personnes de ne pas publier des images ou des vidéos de leur enfant en ligne. Les parents sont en outre invités à limiter la visibilité de ces contenus lorsqu’ils les partagent sur les réseaux sociaux, afin qu’ils ne soient pas accessibles à tous et donc aux criminels.



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