Elle fait croire que Thomas Pesquet la recommande, elle utilise l’IA pour ses leçons…. GenK, l’application de culture générale aux pratiques peu orthodoxes (et au français approximatif)


Pour promouvoir son application qui promet « d’améliorer sa culture générale en une minute par jour », l’entreprise française Noerden s’est servie de l’image de Thomas Pesquet, sauf que celui-ci n’a jamais donné son accord. L’entreprise assure que sa publicité est gérée par un prestataire externe et que le contenu a depuis été retiré.

Depuis quelques semaines, vous avez peut-être vu passer dans les stories Instagram, sur Facebook, ou sur X, des publicités pour une application iOS baptisée GenK. Elle est éditée par Noerden, une start-up française basée à Paris. Sa promesse est « d’améliorer (votre) culture générale en une minute par jour ». Dans cette publicité, une vidéo qui affirme être « le Tiktok pour les gens intelligents » et qui est associée à une publication de Thomas Pesquet qui fait la promotion de GenK.

« Une app qui procure la même dopamine que Tiktok et fonctionne pareil. Sauf que chaque post et (sic) t’apprendre quelque chose de vrai », peut-on lire, dans un français approximatif. Sauf que Thomas Pesquet, qui est allé dans la station spatiale internationale et qui dispose d’une image favorable auprès des Français, n’a tout simplement jamais écrit ces propos que GenK lui attribuent, et n’a surtout jamais donné son accord pour voir son image être utilisée de la sorte, a pu apprendre BFM Tech.

Des pratiques contraires aux règles de l’App store

La fausse publication de Thomas Pesquet rivalise aussi de promesses douteuses pour que les utilisateurs en viennent à télécharger l’application: « Selon leurs données internes, l’utilisateur moyen apprend plus en un an qu’à l’école, sans même s’en rendre compte. Les PDG de la tech l’utilisent discrètement. Presque personne ne la connaît. »

Une publicité de GenK usurpant l’identité de Thomas Pesquet sur Facebook (depuis supprimée) © Capture BFM Tech

Au-delà du message purement marketing, la manière de promouvoir GenK est donc très critiquable, en plus d’être interdite par les différents magasins d’application. En effet, l’App store d’Apple n’autorise pas la promotion des applications à partir de fausses informations, arguant que cela pourrait venir manipuler les classements.

La viralité des publicités de GenK en est la preuve: grâce à l’image de Thomas Pesquet, l’application voit son intérêt grimper en flèche. Elle occupe actuellement la 56e place sur l’App store d’Apple. C’est un succès synonyme de juteux revenus: son modèle économique repose sur la souscription d’un abonnement mensuel ou annuel pour continuer à apprendre au-delà des deux thématiques et des trois exercices gratuits par jour.

Selon des informations récoltées par BFM Tech, GenK n’en est pas à son premier coup d’essai en matière de publicités mensongères: plusieurs d’entre elles ont été retirées par Meta ces derniers mois, car elles ne respectaient pas les standards publicitaires de l’entreprise.

Sur ce sujet, et questionnés par nos soins, les créateurs de l’application expliquent qu’ils n’avaient « absolument aucune connaissance de cette publicité »: « Les publicités de GenK sont gérées par un prestataire externe qui utilise sa propre plateforme, et nous n’avons pas de visibilité sur ce type de promotion. Nous venons de leur demander de retirer au plus vite cette publicité, ce qui a été confirmé. » La start-up ajoute qu’elle va mettre en place des procédures pour que cela ne se reproduise plus. La vidéo, elle, a été supprimée, selon nos constatations.

Des questions/réponses générées par IA et des prix imaginaires

Mais l’usurpation de l’image de Thomas Pesquet n’est pas le seul problème de GenK. L’application, qui prétend vouloir améliorer la culture générale de ses utilisateurs, affiche aussi des fausses récompenses, dont celle de « la meilleure app d’entraînement cérébral » donnée par Apple, et le prix de « l’app du jour », lui aussi mis en avant, n’existe pas.

De fausses récompenses affichées par GenK © Capture BFM Tech

Enfin, GenK est également au cœur de plusieurs plaintes d’utilisateurs, qui lui reprochent le recours massif à l’intelligence artificielle pour générer de nouvelles questions et réponses. Le problème, c’est que nombre d’entre elles donnent lieu à des hallucinations – autrement dit, des fausses informations. Le mode audio repose aussi sur de l’IA.

Les créateurs de l’application ne cachent pas leur usage de l’IA. Sur le site officiel, on apprend que « l’équipe sélectionne les sujets et les leçons, et nous utilisons l’IA pour améliorer le contenu et le rendre encore meilleur ». Reste que GenK ne précise jamais au sein de l’app si certaines réponses ont été générées par IA et qu’elles peuvent comporter des erreurs.



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