Une commission estime que le militant palestinien Ramy Shaath ne doit pas être expulsé de France



Une commission locale a rendu un avis négatif concernant l’expulsion du militant palestinien Ramy Shaath hors de France, une procédure engagée par les autorités qui le considèrent comme une « menace grave pour l’ordre public », selon les déclarations de ses avocats à l’AFP.

Publié le :


2 min Temps de lecture

La préfecture détient désormais le pouvoir de statuer sur l’éventuelle expulsion du fils de l’ancien ministre et négociateur palestinien Nabil Shaath. Installé en France depuis 2022, Ramy Shaath y vit avec sa femme française et leur fille.

Ce jeudi, le militant de 55 ans – qui portait son keffieh autour du cou mais a dû l’ôter à la demande des forces de l’ordre pour assister à l’audience – a quitté la salle du tribunal judiciaire, visiblement soulagé, sous les applaudissements de ses nombreux soutiens, comme l’ont constaté des journalistes de l’AFP. « Je ressens une grande satisfaction aujourd’hui : la commission a pris une décision symbolique », a déclaré Ramy Shaath devant la presse et ses partisans à la sortie du tribunal de Nanterre, en périphérie parisienne, ajoutant qu’elle avait jugé qu’il « n’a jamais constitué un danger ».

Personnalité de la révolution égyptienne de 2011, Ramy Shaath avait été incarcéré 900 jours, de 2019 à 2022, sous l’accusation d’avoir organisé des « troubles contre l’État ». Il a ensuite été libéré et transféré en France, notamment après l’intervention du président Emmanuel Macron auprès des autorités égyptiennes.

Un avis défavorable à son expulsion

Pendant près d’une heure et demie, l’audience a opposé les arguments de la préfecture des Hauts-de-Seine à ceux de la défense. La représentante de la préfecture a mis en avant les liens de Ramy Shaath avec divers collectifs et associations défendant les droits des Palestiniens en France, notamment Urgence Palestine, qu’il a cofondée, ainsi que ses interventions lors de plusieurs rassemblements.

Elle a notamment cité des propos tenus par Ramy Shaath en novembre 2023, où il dénonçait « les ‘terroristes’ israéliens qui bombardent maisons et hôpitaux et cherchent à vider la bande de Gaza » et affirmait que « le Hamas a résisté, bien qu’il soit désigné comme organisation terroriste ».

Pour la défense, cette procédure d’expulsion constitue « une atteinte à la liberté d’expression », a argumenté Me Damia Taharraoui, l’une de ses avocates. Me Nicolas de Sa-Pallix, son autre conseil, a estimé que la préfecture « instrumentalise la commission et tente d’obtenir par voie administrative ce qui ne peut l’être devant un tribunal judiciaire ».

D’ailleurs, une enquête lancée pour apologie, à la suite de déclarations faites lors d’une manifestation en novembre 2023, a été classée sans suite en octobre 2024.

À lire aussiRamy Shaath, militant palestinien menacé d’expulsion: «Mon crime est de parler de mon pays»



Source link

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici