Depuis une semaine, l’Europe connaît une vague caniculaire précoce. Plus de 34°C dans certaines régions et les effets ne se font pas sentir que sur l’organisme. La canicule influence notre comportement et augmente l’agressivité.
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Impatience, difficulté à accepter la frustration, pics d’agressivité : lors de fortes périodes de chaleur prolongées, l’organisme a du mal à réguler ses émotions.
Laurent Bègue-Shankland est professeur de psychologie à l’université de Grenoble. Il travaille sur les motivations individuelles et les régulations sociales dans le jugement et les conduites sociales. D’après lui, « La chaleur crée un inconfort constant, ce qui veut dire que le seuil de tolérance est très vite atteint. » La moindre altercation devient la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le chercheur parle aussi d’une « erreur d’arbitrage psychologique » : plutôt que de s’énerver contre la chaleur qui est constante et diffuse, on reporte nos émotions sur la personne en face de nous.
De manière plus physiologique, l’exposition à des chaleurs croissantes entraîne une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la pression artérielle et une hausse des niveaux de cortisol (l’hormone du stress). Les personnes deviennent moins tolérantes à la frustration, plus irritables.
Enfin, la psychologue Aude Caria ajoute que des nuits très chaudes entraînent un manque de sommeil. Les personnes sont plus fatiguées et donc plus irritables. Une analyse corroborée par Laurent Bègue-Shankland, qui a réalisé avec son équipe une expérience sur l’agressivité de 12 000 jeunes. “Nous avons constaté que plus il manquait de sommeil, plus les émotions étaient désagréables et donc les agressions étaient élevées.”
Les violences domestiques augmentent de 28 % en période de canicule
Ces pics de chaleur et donc d’agressivité ont des conséquences parfois dramatiques.
Plusieurs études sud-coréennes et nord-américaines ont démontré un lien entre la hausse de la température à court terme et l’augmentation de la criminalité mondiale. Lorsque la température augmente de 10°C, les risques de crimes violents (agressions, homicides, crimes sexuels) bondissent de 9 %.
Et les victimes principales de ces sautes d’humeur sont les femmes. Selon un rapport des Nations unies publié le 22 avril 2025, chaque augmentation de 1 degré Celsius de la température mondiale est associée à une hausse de 4,7 % des violences conjugales dans le monde.
Les féminicides augmentent également de 28% durant les vagues de chaleur. En plus des effets de la chaleur sur l’organisme s’ajoutent aussi le besoin de rester cloîtré dans un espace contigu pour rester à l’abri du soleil.
En France, d’après la cofondatrice de Umay, une application qui permet de signaler les agressions de rue, les signalements ont bondi de 30 % cette dernière semaine.