Le patron du PS se présentera-t-il à l’élection présidentielle de 2027 ? Le Parti socialiste a organisé, samedi 29 août, la deuxième séquence de ses journées d’été à Blois, où le discours du premier secrétaire du parti, Olivier Faure, était attendu.
Pressé par ses troupes de participer à cette primaire en vue de la présidentielle d’avril et mai, le député de Seine-et-Marne ne s’est pourtant pas prononcé, préférant faire un discours d’unité.
« Emmanuel Macron a raté son rendez-vous avec ce pays, avec la grandeur de son histoire, la soif de justice des Français. C’est terminé. Ses anciens Premiers ministres pourront se couvrir de cendres, c’est terminé. Le bloc central va s’effondrer. C’est terminé ! », a lancé le patron socialiste, devant plusieurs centaines de militants, scandant « Olivier, Olivier », mais en l’absence de tous les candidats à la primaire, sauf Ségolène Royal.
« La seule question est désormais de savoir qui sera chargé de reconstruire », a-t-il souligné, promettant que le PS serait « au rendez-vous » de la présidentielle, et défendra « la loi du plus juste ».
À quelques semaines du début de l’examen du dernier budget de l’ère Macron, Olivier Faure a aussi promis de le censurer « si la copie qui sort des débats est celle de MM. (Gabriel) Attal et (Édouard) Philippe avec le soutien de l’extrême droite ».
Le PS n’a « jamais refusé » le dialogue sur le budget, a-t-il insisté « mais nous viendrons avec nos propositions », se disant sceptique sur la possibilité du Premier ministre « d’imposer à ses deux prédécesseurs à Matignon le moindre compromis », alors que les deux candidats du bloc central annoncent « vouloir rapprocher le net du brut par une baisse des cotisations sociales ».
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Le premier secrétaire, qui devrait rapidement se déclarer à la primaire de la gauche socialiste et démocratique, a aussi développé une série de propositions, comme un « fonds national qui permette aux familles les plus modestes de faire leurs courses à des tarifs réduits pour une nourriture en quantité et en qualité suffisantes » ou un grand service public de la lecture.
Après la crise climatique de l’été, il a aussi souhaité « créer un grand fonds national et européen doté de ressources permanentes permettant d’investir sur 20 ou 30 ans » dans la transition écologique, et « suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s’engage pas résolument dans sa propre transformation écologique ».
À propos des échéances électorales, il a demandé de ne pas écouter « les ricaneurs, les analyses, les sondages » et rappelé « que François Hollande a commencé à 3 % et qu’il est devenu président de la République ». « Rien ne se passe jamais comme prévu ! », a-t-il lancé, alors qu’il est lui même cantonné à 5 % dans les sondages.
Un duel avec Glucksmann ?
Olivier Faure a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer comme candidat à la primaire de la gauche, alors que déjà quatre candidats sont sur les rangs, dont le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, considéré comme le favori, et arrivé à Blois vendredi sous les applaudissements.
Mais en fin tacticien, le chef socialiste s’est imposé en douceur dans le point de presse de son futur rival, manière de montrer qu’il ne faut pas penser faire sans lui.
Reste que l’eurodéputé, qui a annoncé sa candidature dimanche, est pour le moment crédité de 10 à 15 %.
Fait notable, il n’a pas été invité au débat du Medef jeudi à Roland-Garros, où sept candidats à la présidentielle, dont Raphaël Glucksmann, se sont affrontés.
« L’une des raisons pour lesquelles Raphaël Glucksmann est celui qui, aux yeux des Français, incarne notre famille politique, c’est parce que tout le monde a pu croire qu’il était déjà le candidat désigné. Et donc il totalise ce qu’est en fait l’espérance d’un candidat socialiste », remarque un proche du premier secrétaire.
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Mais le patron socialiste risque gros dans un duel avec Raphaël Glucksmann, qui a le soutien de plusieurs de ses opposants, comme la présidente d’Occitanie Carole Delga, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, et surtout du chef des députés socialistes, Boris Vallaud.
Celui-ci s’est de nouveau affiché samedi au côté de Raphaël Glucksmann, qui a assuré vouloir « remporter la présidentielle », et non rejouer une énième bataille de congrès.
« Pas dans le match »
Pour un opposant à Olivier Faure, « c’est mathématique, il ne peut pas gagner ». Il se réfère au fait que celui qui est à la tête du parti depuis 2018 a été mis en minorité au sein de sa formation pour la première fois en juillet, lors d’un vote des militants sur l’organisation de la primaire.
Olivier Faure plaidait pour une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche moyennant une somme de deux euros, mais les militants ont préféré une primaire « fermée » entre le PS et Place publique, accessible via une adhésion à 15 euros.
Le député de gauche François Ruffin, venu participer à un débat sur le travail, a soutenu la position d’Olivier Faure, comparant la primaire à un videur de boîte de nuit « qui vient vous dire : ‘Non, tu n’as pas la bonne gueule' ».
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Mais pour l’eurodéputé François Kalfon, « Faure n’est pas dans le match, je ne le vois pas gagner ». Il est chef du parti depuis huit ans. S’il était vu comme un possible candidat à la présidentielle, ça se saurait », tacle un proche de Boris Vallaud.
« Raphaël Glucksmann nous a aussi habitués à des trous d’air », ironise un proche d’Olivier Faure.
En outre, l’entourage du premier secrétaire souligne que la primaire peut convaincre des adhérents supplémentaires, et notamment ceux qui croient encore à l’union de la gauche et des Écologistes.
C’est d’ailleurs sur cette ligne que devrait se positionner le patron socialiste : sa proximité avec les Écologistes et sa présidente Marine Tondelier – avec les ex-insoumis – alors que Raphaël Glucksmann fait pour l’heure office d’épouvantail pour une large part des militants verts, malgré le ralliement de Yannick Jadot.
« Je suis en dialogue permanent avec Marine Tondelier et la direction des Verts et nous continuons à chercher ensemble une voie qui permettra, à un moment, de se retrouver », a déclaré Olivier Faure dans le journal Libération.
Avant d’aller voir si l’herbe est plus verte du côté de LFI, Marine Tondelier va attendre de connaître l’issue de la primaire, estime un proche d’Olivier Faure. La carte écologiste est aussi brandie par l’ancienne ministre de l’Environnement Ségolène Royal, seule femme candidate à la primaire à ce stade, qui a appelé samedi à « passer à l’action » sur le sujet.
Avec AFP
