Au tribunal de Bobigny, un homme a été condamné à deux ans de prison ferme dans un dossier de violences sur conjoint. – © AP/Alexandre Sarkissian
On la croit sur parole quand elle dit d’une voix chevrotante : “Ce soir-là, j’ai cru qu’il allait vraiment me tuer. J’ai eu peur car il avait bu plus que d’habitude”. À la barre de la 17e chambre du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) en cette fin de mois d’août, la plaignante a résumé, en partie, les mois de terreur qu’elle vient de vivre auprès d’un compagnon violent, la trentaine passée comme elle.
Cette femme a fait preuve de beaucoup de courage, souligne le procureur de la République, en déposant plainte. Ce qui n’est pas systématique dans les dossiers de violences conjugales. “Pourquoi pas plus tôt ?”, lui demande le président du tribunal, Youssef Badr. “J’avais honte du fait d’avoir été frappée”. La victime dit ne pas avoir porté plainte avant par peur que son conjoint s’en prenne à ses amis.
Un profil inquiétant
Elle a encaissé en espérant que les choses s’apaiseraient. “Je me sens responsable, je voulais essayer de le sauver.” À quelques mètres d’elle, dans le box, le prévenu porte un plâtre à l’avant-bras droit avec lequel il a frappé sa compagne une semaine plus tôt dans l’appartement de cette dernière à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), avant de dégrader son véhicule.
Hématomes au visage et sur le corps ont témoigné de la violence d’un homme de 38 ans, au profil inquiétant, ont jugé les magistrats, et qui s’est contenté de “Je m’excuse”, “Je regrette” ou, plus étonnant : “Je ne me considère pas comme violent”. Le président Badr lui a rappelé sa dernière condamnation, prononcée en 2023 par le tribunal de Créteil, pour violences sur conjoint.
Condamné à deux ans de prison ferme
Pour cela, B. T. avait passé 18 mois en prison. Il a expliqué son problème d’alcool par des soucis liés notamment au fait de n’avoir pas retrouvé un travail depuis le mois de mai. “Si vous passez vos soirées à boire et qu’à 4 heures du matin, vous n’êtes pas couché, c’est difficile pour trouver du travail”, le coupe Youssef Badr.
Le prévenu a été condamné à trois ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire de deux ans. La peine de deux ans ferme est accompagnée d’un mandat de dépôt. Le trentenaire est parti directement en cellule. À sa sortie de détention, il aura l’obligation de se soigner, de trouver un travail et de ne pas paraître à Noisy-le-Grand durant cinq ans.
La plaignante est sortie très émue de la salle, entourée de proches. La mère du condamné est également venue la réconforter.
