Une semaine après la découverte du corps sans vie de Lyhanna, 11 ans, les obsèques de la fillette ont lieu ce vendredi à Fleurance, dans le Gers. Elles se dérouleront «dans la plus stricte intimité», selon les souhaits de la famille.
Un dernier adieu. Les obsèques de Lyhanna, collégienne de 11 ans dont la mort a sidéré tout le pays, ont lieu ce vendredi 12 juin à Fleurance, dans le Gers. Selon Me François Roujou de Boubée, celles-ci doivent se dérouler à 14h30, «dans la plus stricte intimité».
A cette occasion, l’association des maires du Gers a proposé un moment de recueillement, au moment des obsèques, devant les mairies avec des drapeaux mis en berne, en hommage à la petite fille, dont le corps a été retrouvé sans vie jeudi 4 juin dernier dans un silo agricole situé à Puycasquier, dans le même département.
Dans ce dossier, Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de la collégienne, a été mis en examen pour «enlèvement et séquestration». L’homme doit être présenté à nouveau au juge d’instruction au tribunal d’Agen. Une requalification pour meurtre est en réalité attendue. Le procureur doit aussi communiquer les résultats de l’autopsie sur les causes de la mort, et d’éventuelles traces d’agression sexuelle.
Malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineurs, Jérôme Barella n’avait jamais été interpellé ou même convoqué afin d’être auditionné. Les révélations ont profondément bouleversé le pays, mettant en lumière des «dysfonctionnements manifestes» au sein de la justice et de la gendarmerie.
Dans ce cadre, les ministres de la Justice Gérald Darmanin et de l’Intérieur Laurent Nuñez ont lancé une enquête administrative confiée aux Inspections générales de la gendarmerie et de la justice, qui doit rendre ses conclusions le 19 juin.
«S’il y a des erreurs, je prendrai des sanctions»
Sur CNEWS, le garde des Sceaux a expliqué mardi que «s’il y a des erreurs» dans la gestion du cas Jérôme Barella, «je prendrai des sanctions».
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, sur les dysfonctionnements judiciaires : «S’il y a des erreurs, je prendrai des sanctions», dans #HDPros2
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De son côté, le président de la République Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne voulait «entendre aucun argument de moyens dans cette affaire» concédant toutefois que nous n’avons «pas été assez vite et fort» afin de protéger les enfants des violences.
«On a changé les lois pour protéger, mais on n’a pas été assez vite et fort à mes yeux sur l’éloignement des agresseurs ou des agresseurs présumés. Il y a un changement qui a davantage eu lieu dans les violences sexistes et sexuelles, mais on a beaucoup moins fait pour les enfants», a pointé le chef de l’Etat lors d’une visite ce mercredi 10 juin à l’hôpital pédiatrique Robert-Derbré à Paris.
«C’est absolument clé qu’on protège très vite nos enfants, qu’on recueille la parole de manière professionnelle et encadrée, qu’il y ait une bonne coopération entre la santé, la justice et les services d’enquêteurs, l’éducation, le périscolaire et les familles», a-t-il ajouté.
«Des dysfonctionnements manifestes»
A l’heure où le gouvernement est fragilisé par l’affaire Lyhanna, le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a reconnu un problème de «moyens pour l’institution judiciaire» mais pas dans l’affaire de la mort de l’enfant de 11 ans, a annoncé mercredi devant le Sénat qu’il allait prendre dans les «tout prochains jours» un décret sur «la nécessité de motiver» les classements sans suite des plaintes concernant les crimes sexuels sur des mineurs.
Un peu plus tôt au cours de cette même journée, le chef de l’Etat avait appelé en Conseil des ministres à réagir «à la lumière des faits» et «sans démagogie», estimant que l’affaire posait «la question de la confiance en nos institutions». «Il est évident qu’il y a eu des dysfonctionnements manifestes. Il faut comprendre désormais ce qui relève des responsabilités individuelles et des dysfonctionnements systémiques dans l’ensemble des services publics impliqués», a noté Emmanuel Macron.
De son côté, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a demandé un recensement de «l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants», soit environ 70.000 procédures, avant le 14 juillet.