Jacques Bouthier, ex-patron à succès dans le monde des assurances, pourrait bientôt être jugé pour viols sur mineur et traite d’êtres humains.
La perspective d’un procès se rapproche pour le fondateur et ancien PDG d’Assu 2000 (rebaptisé Vilavi). Le parquet de Paris a requis le renvoi de l’homme de 79 ans devant un tribunal pour des faits commis sur une jeune Marocaine, mineure, forcée à se prostituer, ont indiqué vendredi des sources concordantes à l’AFP.
Jacques Bouthier, la chute d’un patron multimillionnaire
Jacques Bouthier a été mis en examen en mai 2022, après avoir été dénoncé par Aïcha (nom d’emprunt), une victime présumée.
Arrivée sans papiers à 16 ans en France, cette dernière, qu’il est accusé d’avoir hébergée contre des rapports sexuels, l’avait piégé en le filmant nu dans un lit avec une adolescente roumaine de 14 ans, avant d’aller voir la police.
Cette affaire a conduit à la chute du multimillionnaire, un temps dans le classement des 500 premières fortunes tricolores.
L’ex-PDG d’Assu 2000 hébergeait des femmes contre des rapports sexuels
Dans son réquisitoire rendu mi-août, le ministère public demande au juge d’instruction de renvoyer Jacques Bouthier et quatre autres mis en examen devant la cour criminelle départementale.
Au cours de l’instruction, Jacques Bouthier a « toujours démenti les faits de viol et de traite », mais reconnu avoir abusé « de la vulnérabilité » de jeunes femmes précaires qu’il hébergeait en échange de rapports sexuels, selon ce réquisitoire, que l’AFP a pu consulter. Sollicités par l’AFP, ses avocats, Mes Laure Heinich et Emmanuel Daoud, n’ont pas souhaité s’exprimer.
Le parquet demande également que l’ancien patron soit jugé pour association de malfaiteurs, ayant « usé de son argent et de son influence (pour) maintenir et séquestrer » sa victime « dans un contexte de prostitution forcée ».
« Ces réquisitions constituent pour ma cliente une étape essentielle : celle où sa parole, si longtemps contestée, trouve enfin sa traduction judiciaire », a salué auprès de l’AFP Me Maxime Delacarte, l’avocat d’Aïcha.
Affaire Jacques Bouthier : des ramifications au Maroc
L’affaire comporte également un volet de corruption présumée, impliquant des policiers. Ces derniers avaient été missionnés via des connaissances pour étouffer la plainte de la victime et la renvoyer au Maroc, le tout financé par un virement d’un million d’euros. Le parquet demande que cinq personnes soient jugées devant le tribunal correctionnel dans ce volet de l’affaire.
En 2024, sept collaborateurs de l’ex-PDG avaient été condamnés à des peines de prison ferme.
Jacques Bouthier est par ailleurs toujours visé par une enquête pour abus de biens sociaux, recel et blanchiment en bande organisée au préjudice d’Assu 2000.
