Elle s’était installée dans « l’Arche », comme l’appelait Kaixiao Liu. Shulai Wang, 70 ans, a quitté la Chine pour emménager chez le chef d’une secte religieuse et sa famille en août 2023. Aux côtés d’autres adeptes féminines, elle aurait vécu en « servitude » jusqu’à sa mort. Leurs vies auraient été étroitement contrôlées par Kaixiao Liu, qu’elles appelaient « Seigneur » ou « Maître ».
Le leader la secte a été condamné à plus de dix ans de prison, reconnu coupable de l’enlèvement et de l’homicide involontaire de la septuagénaire, a rapporté la BBC ce mardi.
Le jour de sa mort, Shulai Wang a tenté de s’échapper, mais elle a été rattrapée et maîtrisée. Son corps a été découvert en mars 2024 par un pêcheur, enveloppé dans des sacs de riz près de Gulf Harbour, à Auckland (Nouvelle-Zélande), déclenchant une vaste enquête pour homicide qui a finalement conduit à Kaixiao Liu. Ce dernier avait acheté une quantité inhabituelle de sacs de riz utilisés pour dissimuler le corps.
Des adeptes attirés via les réseaux sociaux
Kaixiao Liu, un musicien qui avait auparavant participé à « China’s Got Talent » en 2011, a nié les faits qui lui étaient reprochés. Il a également nié être le chef d’une secte et a affirmé n’avoir attiré des abonnés que grâce à sa musique.
Shulai Wang occupait ses journées à s’occuper des enfants de Kaixiao Liu, à étudier les Écritures et à cultiver des légumes. Le tribunal a appris qu’elle avait eu du mal à se conformer aux règles strictes, peut-être en raison de son âge avancé, et qu’elle avait souvent fait l’objet de sanctions disciplinaires.
L’épouse de Kaixiao Liu, Lanyue Xiao, a pour sa part été condamnée à près de huit ans de prison pour enlèvement et homicide involontaire, entre autres. Sa mère, Xiuyun Li, et son père, Jingui Liu, avaient auparavant été reconnus coupables d’enlèvement et d’atteinte à la dignité des dépouilles mortelles ; leur peine devrait être prononcée dans le courant de l’année.
Kaixiao Liu et Lanyue Xiao se sont installés en Nouvelle-Zélande en 2017 et le couple a obtenu le statut de résident permanent. Le condamné attirait des adeptes sur les réseaux sociaux chinois, où il publiait des discussions sur la religion, des journaux vidéo et des extraits de lui-même en train de chanter.