D’après des informations du Financial Times, le géant britannique AstraZeneca et son rival américain Bristol Myers Squibb seraient en discussion depuis des mois et envisageraient d’unir leurs forces pour former l’un des plus grands laboratoires pharmaceutiques au monde. Une fusion record à 400 milliards de dollars (347 milliards d’euros) alors que le secteur voit approcher la fin de l’exclusivité sur de nombreux médicaments.
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« L’alliance aboutirait à la naissance d’un des plus grands fabricants de médicaments au monde », écrit le Financial Times qui révèle l’existence de pourparlers entre le groupe anglo-suédois AstraZeneca et l’américain Bristol Myers Squibb (BMS). Si elle devait se confirmer et sous réserve que les régulateurs ne s’y opposent pas, le groupe issu de cette fusion pèserait près de 400 milliards de dollars (347 milliards d’euros). En 2019, année record pour les fusions-acquisitions dans le secteur, les mouvements de rapprochement toutes entreprises confondues n’avaient pas dépassé 330 milliards de dollars (289 milliards d’euros).
Il faut dire que les fusions sont l’une des réponses du secteur à la « falaise des brevets ». Pour bien comprendre, il faut revenir au fonctionnement particulier de l’industrie pharmaceutique. En schématisant, les laboratoires font de la recherche pour développer des vaccins ou des médicaments, ils déposent un brevet qui protège leur découverte et obtiennent en échange l’exclusivité sur la commercialisation de la molécule. Pendant 20 ans, un laboratoire a donc le monopole sur le médicament qu’il a créé : en l’absence de toute concurrence, il peut fixer le prix qu’il veut.
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La fin de la période d’exclusivité menace les revenus des laboratoires
Mais une fois la période passée, n’importe quel autre laboratoire peut utiliser la même formule, la même molécule et commercialiser sa propre version d’un traitement : c’est ce qu’on appelle un médicament générique et cette concurrence fait brutalement chuter les prix.
Si, pour les patients et les systèmes de santé publique qui paient généralement la facture, il s’agit d’une bonne nouvelle, du point de vue des laboratoires en revanche, les pertes de revenus peuvent être importantes.
Par exemple actuellement, la moithttps://www.rfi.fr/fr/ié des revenus du laboratoire allemand Merck provient d’un médicament contre le cancer dont le brevet expire en 2028. De son côté, Bristol Myers Squibb va perdre entre aujourd’hui et 2030 son exclusivité sur des médicaments représentant 30 milliards de dollars de revenus.
Or, ce phénomène concerne l’ensemble de l’industrie confrontée à la perspective de voir un nombre important de brevets arriver à expiration dans une période très courte : ce qu’on appelle « la falaise des brevets ». À l’échelle de l’industrie, la fin des exclusivités va menacer plus de 300 milliards de revenus dans les cinq prochaines années.
Des fusions pour limiter l’impact de « la falaise des brevets »
À mesure que cette falaise se rapproche, que les géants pharmaceutiques voient leurs vaches à lait menacées, les entreprises cherchent donc à diminuer les risques en diversifiant leurs sources de revenus. En se rapprochant, elles ne dépendent plus de ceux provenant d’un ou deux médicaments « blockbuster », comme on les appelle dans le milieu.
Surtout que l’exclusivité sur ces médicaments a rempli leurs coffres : elles ont donc les moyens de racheter des concurrents. Reste que les marchés se sont montrés sceptiques sur l’opportunité d’une fusion de l’ampleur de celle entre AstraZeneca et Bristol Myers Squibb : suite aux révélations du Financial Times, l’action du premier a chuté de 9 %…
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