« L’étouffement par la dette est une réalité »: la Cour des comptes prévient que le coût de la dette va atteindre plus de 77 milliards d’euros en 2026 (c’est 64,5 milliards pour l’Education nationale)


Le conflit au Moyen-Orient fait peser un « risque majeur » sur la situation des comptes publics, met en garde la cour des Comptes qui demande des « mesures fortes » notamment sur les dépenses.

La prévision du gouvernement d’un déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB) en 2026 « est loin d’être acquise », notamment en raison de l’incertitude concernant la situation au Moyen-Orient qui constitue un « risque majeur en recettes comme en dépenses », selon un rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi.

En 2026, la charge d’intérêts de la dette atteindrait 77,4 milliards d’euros, et le choc d’inflation y contribuerait à hauteur de 3,6 milliards d’euros. La hausse de la charge de la dette (+12 milliards) jugée « massive » représenterait ainsi plus du quart de l’augmentation totale de la dépense publique, souligne le rapport.

À titre de comparaison, le budget de l’Éducation nationale en 2026 est de 64,5 milliards d’euros et celui de la défense est à 57 milliards.

« L’étouffement par la dette n’est pas un risque, c’est une réalité de nos finances publiques », a souligné Carine Camby, présidente de chambre à la Cour des comptes, à l’occasion de la présentation du rapport.

« Tous les signaux sont au rouge »

À moins d’un an de l’élection présidentielle et en pleine préparation du budget 2027, la Cour des comptes a plus généralement adressé un avertissement sévère concernant la situation des finances publiques françaises, et demandé des « mesures fortes ». « On peut dire que tous les signaux sont au rouge », a lancé d’entrée la présidente de la première chambre de l’institution, Carine Camby, à l’occasion de la présentation du rapport à la presse.

Si 2025 a réservé une « bonne surprise » avec une réduction du déficit public un peu plus importante que prévue (5,1% du PIB, contre 5,4% escomptés), la Cour relève que « ce résultat est dû exclusivement à des hausses d’impôts et de cotisations sociales » tandis que « les économies sur les dépenses ont été une nouvelle fois repoussées ». Or les dépenses « ont augmenté plus rapidement que la richesse nationale en 2025 », a détaillé Carine Camby.

Les Experts : France, la dette publique progresse encore – 25/06

Quelques jours avant la réunion par le gouvernement d’un comité d’alerte des finances publiques prévue début juillet, la Cour redoute une année 2026 « à risques », notamment en raison de « textes financiers en dessous des enjeux, et dont les objectifs déjà modestes sont compromis ».

La dégradation de la conjoncture économique, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, menace les « objectifs modestes » que le gouvernement s’était fixés. Selon ses dernières prévisions en avril, il anticipe toujours une croissance à 0,9% en 2026, et une inflation à 1,9%, tandis que le consensus des économistes table plutôt sur une croissance à 0,6% et une inflation à 2,1%, d’après le rapport. L’objectif de croissance ne sera « vraisemblablement pas atteint », a estimé Carine Camby.

Quand bien même les prévisions du gouvernement se réalisaient, la dette publique continuerait de s’envoler pour dépasser 3.620 milliards d’euros, s’établissant à 118,5% du PIB en 2026, prévoit la Cour des comptes.



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