Les États-Unis imposent de nouveaux droits de douane à une soixantaine de pays



Après le Canada et le Brésil, une soixantaine de pays se retrouvent à leur tour visés par de nouveaux droits de douane vendredi 24 juillet, au moment où les surtaxes temporaires mises en place par Donald Trump en février arrivent à échéance.

Depuis 0 h 01 (4 h 01 GMT), ces pays voient des droits de douane de 10 % ou 12,5 % s’appliquer à un certain nombre de leurs produits entrant aux États-Unis. Ceux qui sont déjà en voie d’acheminement vers la première économie mondiale ne seront pas concernés s’ils arrivent à destination avant le 28 juillet, à 0 h 01.

Avant même l’entrée en vigueur de ces droits de douane, l’Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande – trois alliés des États-Unis en Asie – les ont vivement dénoncés. Canberra les trouve « injustifiés », Wellington « extrêmement décevants », et Tokyo les « regrette ».

Ils prendront le relais des droits de douane de 10 % imposés en février et qui arriveront à échéance à la même heure. Ces barrières tarifaires temporaires, d’une durée de 150 jours, avaient été mises en place par Donald Trump dans la foulée de la décision de la Cour suprême d’annuler la majorité des surtaxes instaurées depuis son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025.

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Ces nouvelles surtaxes sont le résultat d’une enquête lancée mi-mars par le représentant de la Maison Blanche au Commerce (USTR), Jamieson Greer, afin de déterminer si les partenaires commerciaux des États-Unis avaient totalement éliminé de leur chaîne d’approvisionnement les produits issus du travail forcé.

« Concurrence déloyale »

« Nous cherchons à mettre fin au commerce de ce type de produits. Aux États-Unis, nous avons des agences et des processus afin d’identifier les entreprises et les pays qui ont une prévalence au travail forcé et nous stoppons (leurs) produits à la frontière. D’autres pays n’ont pas ces processus, nous leur demandons de les mettre en place », a expliqué sur CNN Jamieson Greer. « Si vous autorisez l’importation de biens issus du travail forcé, cela crée de la concurrence déloyale envers vos propres produits. Nous voulons que tous les pays disposent du même type de protections. »

Les pays disposant d’une législation que les États-Unis estiment incomplète se voient imposer 10 % sur un certain nombre de leurs produits. Ce sera notamment le cas des pays de l’Union européenne (UE), du Royaume-Uni, du Mexique ou du Canada, soit certains des plus importants partenaires commerciaux des États-Unis

Pour les autres, soit une quarantaine de pays, les produits se verront appliquer le taux de 12,5 %. La Chine, le Japon, la Suisse ou la Corée du Sud sont par exemple concernés. L’énergie et les matières premières qui ne sont pas produites aux États-Unis devraient toutefois être exclues de la liste des produits concernés.

Selon Greta Peisch, avocate spécialiste en commerce international, l’objectif est « de garder la main et de maintenir la pression pour que les pays continuent d’appliquer les accords commerciaux qui ont été signés, et peut-être en négocier d’autres dans le futur ». « Il y a ce fil rouge, même si les droits de douane varient fortement et changent de justification entre-temps », a-t-elle ajouté.

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D’autres surtaxes en vue

« Le président a compris que le marché américain est un atout majeur qu’il peut utiliser auprès de ces pays pour atteindre les objectifs qu’il désire », a reconnu un responsable américain.

La Maison Blanche espère que ces nouvelles surtaxes ne connaîtront pas le même sort que celles mises en place l’année dernière. Afin de s’assurer de leur viabilité, l’USTR s’est basé sur la même loi que celle qui a permis jusqu’ici de justifier les droits de douane sectoriels, sur l’acier et l’aluminium, le cuivre, le bois de construction ou l’automobile notamment, et qui n’avaient pas été retoqués par la Cour suprême.

Plusieurs autres enquêtes sont également en cours, toujours en se basant sur ce même texte, notamment concernant une possible surcapacité industrielle. L’Union européenne est également concernée par cette enquête.

Peu de temps avant cette nouvelle salve de droits de douane, le gouvernement américain avait annoncé des surtaxes sur le Brésil, ciblé depuis mercredi par 25 % de droits de douane sur près de la moitié de ses exportations vers les États-Unis. Lundi, le Canada a été à son tour visé par une surtaxe de 50 % supplémentaire, qui doit entrer en vigueur dans un mois.

Mais dans les deux cas, le gouvernement américain a déjà fait évoluer sa stratégie : plutôt que de viser l’ensemble des produits provenant de ces pays, les surtaxes ne concernent qu’une partie d’entre eux.

Avec AFP



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