L’agence S&P laisse la note de la France inchangée



L’agence américaine a décidé de maintenir la notation de la dette souveraine de la France vendredi, après sa dégradation de l’automne dernier.

S&P a décidé de faire preuve de mansuétude. L’agence de notation américaine a annoncé ce vendredi maintenir la note de la France à A+ -dette de qualité « moyenne supérieure »- avec perspective stable. Elle opte ainsi pour le statu quo, après avoir dégradé d’un cran la note de la dette souveraine en octobre dernier.

Cette position de S&P était attendue par les économistes même si la France affichait un déficit public de 5,1% du PIB en 2025, soit un niveau « très supérieur à ceux des autres pays européens notés aussi A+ », à part la Slovaquie, a rappelé Éric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

Vers une aggravation du déficit?

Mais pour lui il était « très peu plausible » que S&P opte pour une dégradation de la note tricolore. L’agence, relevait-t-il dans une note cette semaine, avait indiqué en octobre qu’elle pourrait de nouveau abaisser la note de la France « si sa situation budgétaire se détériore au-delà de nos prévisions ou si ses perspectives de croissance économique se dégradent sensiblement ».

Or, S&P prévoyait à l’époque que le déficit public allait s’aggraver encore à 5,3% du PIB cette année. Mais ces derniers jours, la Commission européenne a estimé qu’il se limitera encore à 5,1%, et le FMI le voit même s’améliorer à 4,9%. Du côté de la croissance, le premier trimestre s’est certes achevé avec un mauvaise surprise, le PIB ayant reculé de 0,1%. Mais sur l’ensemble de l’année la Commission européenne et le FMI l’entrevoient respectivement une croissance de 0,8% et 0,9%: une légère dégradation par rapport aux premières prévisions, relève Eric Dor, mais « commune à tous les pays » affectés par la quasi-paralysie du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz.

La France « plus vertueuse que la moyenne »

De son côté, Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à l’institut Rexecode, n’envisageait pas non plus de changement de note ou de perspective: « Dans le choc (géopolitique) qu’on est en train de traverser, expliquait-t-il à l’AFP, c’est rarement une bonne idée d’amplifier un problème alors qu’on est déjà en période de tension », et c’est pour cela que les grandes agences avaient dégradé la note française fin 2025 « quand on était sorti du choc énergétique » lié à la guerre en Ukraine.

De plus, soulignait l’économiste, le gouvernement Lecornu « est très sérieux sur sa copie budgétaire: là, on a bien compris que les caisses étaient vides, et on est quasiment les moins-disants en Europe en termes d’aides accordées » face à la hausse des prix du carburant. Pour Anthony Morlet-Lavidalie cela aurait été « un peu le monde à l’envers de sanctionner la France au moment où elle est plus vertueuse que la moyenne ».

Le cabinet du ministre des Comptes publics David Amiel a par ailleurs dévoilé jeudi des détails sur les six milliards d’euros d’économies envisagés pour faire face – pour l’instant – au coût du conflit au Moyen-Orient. L’État prendra sa part pour quatre milliards d’euros (3,2 milliards de crédits gelés, 847 millions annulés) et la Sécurité sociale pour environ 2 milliards: les allègements de charges patronales sur les bas salaires seront gelés, malgré la hausse du Smic de 2,4% au 1er juin, rendue automatique par une inflation qui dépasse désormais 2% sur un an.



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