La direction générale de la santé a recommandé aux professionnels de santé de prévoir la création d’un stock de masques. Les pharmaciens observent une montée de l’anxiété chez leurs clients.
Face à l’épidémie d’hantavirus, les Français se précipiteraient-ils sur les masques FFP2 dans les pharmacies ? D’après la centrale d’achat Pharmazon, 15 000 boîtes de masques ont été écoulées en trois jours, contre seulement 2 400 par mois habituellement, comme elle l’a indiqué à France Inter ce jeudi 14 mai. Les pharmaciens éprouvent de plus en plus de difficultés à obtenir des masques.
«C’est compliqué d’en trouver», confirme auprès du Figaro Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine (USPO). «Les grossistes répartiteurs (qui servent d’intermédiaires entre les pharmacies et les fabricants, NDLR) expliquent qu’ils n’en disposent plus pour l’instant. Il reste possible de commander directement, mais cela implique des achats de plusieurs centaines de boîtes pour une seule officine : un tel volume n’est pas nécessaire à ce stade.»
Constitution d’un stock de masques
Pour le pharmacien, cette augmentation des ventes chez les grossistes s’explique davantage par la hausse des commandes passées par les officines, plutôt que par une flambée de la demande des particuliers. «Cela s’explique par le DGS-Urgent (une note de la direction générale de la santé) que nous avons reçue le 11 mai», détaille Pierre-Olivier Variot. Dans ce texte destiné aux médecins et pharmaciens, la DGS dresse un état des lieux et recommande que «la constitution de stock de masque FFP2 dans vos cabinets est à envisager».
Le pharmacien tient à rassurer : il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’une pénurie. «Un stock d’État existe, mais il n’est pas nécessaire d’y recourir pour l’instant», estime-t-il, précisant qu’il dispose encore de réserves datant de la crise du Covid-19. «Bien qu’ils soient périmés depuis un an, lors de la pandémie on nous avait assuré que cela ne posait pas de problème. J’ai sollicité le cabinet de la ministre pour savoir si leur utilisation serait envisageable en cas de besoin, mais je n’ai pas encore eu de réponse.»
Préoccupation croissante des patients
Pour autant, les pharmaciens notent «une véritable inquiétude dans la population» : de nombreuses questions émergent concernant ce virus. «Les patients nous interrogent sur la possibilité d’une vaccination (il n’existe pas de vaccin contre l’hantavirus, NDLR), les moyens de dépistage, rapporte Pierre-Olivier Variot. Beaucoup expriment leur crainte que le gouvernement ne communique pas toute la vérité», gardant en mémoire les débuts difficiles de la gestion de la crise du Covid-19.
Néanmoins, l’exécutif s’efforce de rassurer la population depuis plusieurs jours. Un protocole strict a été mis en œuvre pour les personnes identifiées comme cas contact, et 26 individus ont été placés à l’isolement à l’hôpital en France. «L’intégralité des cas contacts d’une personne positive à l’hantavirus, localisés sur le territoire français», ont été «tous testés négatifs, sans exception», a déclaré ce jeudi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Bien qu’ils puissent encore développer la maladie, dont l’incubation peut durer plusieurs semaines, selon les connaissances actuelles, ils n’auraient pas eu l’opportunité de transmettre le virus avant leur isolement.