Autre recette commode : la chasse au gaspillage. Les aspirants premiers ministres promettent de réaliser, quelque part dans l’État, des « économies d’efficacité » afin de dégager des milliards de dollars.
C’est une stratégie populaire, parce que personne n’aime le gaspillage. Or, ces économies sont souvent inscrites dans le cadre financier du parti avant même que celui-ci ait cherché où faire des coupes.
En 2003, Jean Charest promettait ainsi de dégraisser l’État, ce qu’il appelait la « réingénierie », pour financer des baisses d’impôts ; celles-ci se sont avérées bien plus modestes que prévu. En 2014, Philippe Couillard jurait de rétablir l’équilibre budgétaire sans faire de sacrifices ; deux mois après son élection, c’était l’austérité et les services en ont souffert. En 2018, la CAQ promettait de récupérer plus de deux milliards, notamment en abolissant 5 000 postes, en resserrant les achats et en effectuant un grand ménage informatique. Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé.
Le député du Parti québécois Nicolas Marceau avait bien résumé l’affaire dans un débat lors des élections de 2018 : si des milliards traînaient vraiment par terre, on les aurait ramassés depuis longtemps.
