Le chef du gouvernement, toujours privé de majorité à l’Assemblée nationale, entend préparer le budget « le plus en amont possible » et semble écarter la possibilté de le faire passer par une loi spéciale.
Sébastien Lecornu a souhaité devant le patronat faire adopter un budget pour 2027 « avant février », en mettant en garde contre l’absence de budget qui « conduirait à un déficit à 6 ou 7% », contre 5% envisagé.
Selon des propos rapportés par son entourage, confirmant ceux cités mardi par le quotidien économique Les Échos, le Premier ministre a suggéré aux dirigeants du Medef, qu’il a reçus lundi, de « questionner et challenger » les candidats à la présidentielle qui viendront les rencontrer sur la manière dont « ils financent tout le sucré qu’ils promettent ».
La pression monte au sein du gouvernement pour limiter les dépenses, dans un contexte économique dégradé. Dans un courrier envoyé la semaine dernière à ses ministres, Sébastien Lecornu les a exhortés à calmer leurs ardeurs dépensières.
Le chef du gouvernement, toujours privé de majorité à l’Assemblée nationale, entend préparer le budget « le plus en amont possible » et semble écarter la possibilté de le faire passer par une loi spéciale.
Cet outil législatif permet de pallier l’absence de budget, en reconduisant les recettes de l’année précédente et en engageant des dépenses nécessaires à la continuité de l’État.
Éviter une loi spéciale
Mais pour Sébastien Lecornu, « une loi spéciale n’est pas un budget et n’est pas la reconduction non plus du budget précédent. Donc soit on arrive à faire adopter un budget pour 2027 avant février, soit il n’y aura pas de budget avant longtemps » compte tenu du calendrier de la présidentielle, prévue en avril-mai, qui sera sans doute suivie par des élections législatives.
Ce qui pourrait conduire à la finalisation du budget en octobre et « conduirait à un déficit à 6 ou 7% » du Produit intérieur brut (PIB), au lieu de 5% visé cette année, après 5,1% en 2025.
Sébastien Lecornu estime que « les gels, les rabots, la mise sous pression de l’État (…) ont épuisé leurs effets » et défend des « réformes structurelles », même « modestes », pour redresser les finances publiques. Il ne veut toujours pas de hausses d’impôts ni de mesures de type « année blanche » (gel des crédits).
Le « sujet majeur » sera pour lui « l’assurance maladie », alors que le déficit de la Sécurité sociale pour 2026 s’est dégradé à 23,2 milliards d’euros, soit 0,8 point de PIB, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale.
Il entendre mettre au « débat » du Parlement, qui se penchera à l’automne sur le budget de l’État (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS), le remboursement de médicaments « qui ne servent plus à grand chose » ou le coût des arrêts maladie, « mère de toutes les batailles », qui ne peut « pas attendre la présidentielle ».