Chronique des matières premières – Le secteur du diamant d’Anvers, en Belgique, retrouve des couleurs



Le commerce total de diamants à Anvers, en Belgique, a enregistré une hausse de 20% au premier trimestre 2026, en comparaison avec la même période l’an dernier. La progression atteint même 35% pour les importations de diamants bruts, contrairement aux pierres taillées.

L’expansion de l’activité à Anvers n’est pas une conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient : cette dynamique avait commencé dès l’été 2025 et s’est véritablement affirmée à partir de décembre. Selon le Centre mondial du diamant d’Anvers (AWDC), ce regain d’activité résulte d’une série de mesures destinées à renforcer l’attrait du secteur belge du diamant.

Parmi ces initiatives figurent la mise en place d’une politique de visas plus performante pour permettre aux négociants étrangers d’obtenir un séjour temporaire, ainsi que la simplification, depuis le 1er janvier, des démarches pour recruter des spécialistes internationaux. « Grâce à ces facilités, les opérateurs sont moins enclins à transférer leurs activités à l’étranger », précise un représentant du secteur.

Conséquences de la guerre au Moyen-Orient

Le conflit au Moyen-Orient a tout de même eu une incidence. Les hostilités ont perturbé de nombreux circuits, y compris ceux des pierres précieuses. Ces dernières années, Dubaï s’est affirmée comme une plateforme majeure pour le commerce des diamants. Toutefois, la guerre a mis ce hub à rude épreuve.

Les suspensions temporaires de vols et les préoccupations en matière de sécurité ont incité certains flux de pierres précieuses à privilégier Anvers, la stabilité demeurant un critère essentiel pour les professionnels. Il reste cependant difficile d’évaluer avec précision l’impact sur l’activité de Dubaï, la capitale économique des Émirats arabes unis ne rendant pas publics ses chiffres.

Dubaï, centre névralgique du diamant

Malgré la situation géopolitique, Dubaï conserve sa position dominante. L’émirat continue d’offrir un environnement fiscal très favorable et toutes les facilités administratives nécessaires à la création d’entreprises, notamment grâce à la zone franche dédiée aux matières premières, le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC).

De plus, la réglementation concernant la transparence financière et la traçabilité des pierres y est beaucoup moins stricte qu’en Belgique. Un autre atout majeur : Dubaï se situe à la croisée des marchés occidentaux, des fournisseurs africains, et à seulement trois heures de vol de l’Inde, principal pays de taille des diamants. « Nombre de commerçants et de négociants ont tant investi que se retirer définitivement serait difficile », explique l’un de nos contacts, même si la durée du conflit au Moyen-Orient suscite de l’inquiétude.

À lire aussiLe Canada, un géant mondial du diamant aux mines vieillissantes



Source link

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici