Après la mise sous tutelle de la métropole Aix-Marseille, le gouvernement lance une mission pour repenser son avenir et éviter une nouvelle crise budgétaire



Cette mission devra « évaluer la situation et formuler des propositions » structurelles concernant sa gouvernance, ses compétences, son organisation institutionnelle et son modèle financier, après une crise financière majeure qui a conduit l’État à intervenir.

Le gouvernement a annoncé mercredi le lancement d’une mission sur l’avenir de la métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), confrontée à une crise financière majeure qui a conduit l’État à intervenir pour arrêter son budget après le refus des élus d’engager d’importantes économies.

Cette mission indépendante « d’analyse et de prospective » sera confiée à Dominique Bussereau, ancien ministre, et à Jean-François Debat, président du Comité des finances locales, précise un communiqué. Elle devra « évaluer la situation et formuler des propositions » structurelles concernant sa gouvernance, ses compétences, son organisation institutionnelle et son modèle financier.

Une mise sous tutelle

L’annonce intervient dans un contexte de fortes tensions au sein de la plus vaste métropole de France qui compte 92 communes. Fin avril, les maires avaient renoncé à voter le budget 2026, estimant que la baisse des dotations de l’État ne permettait pas de respecter l’obligation d’équilibre budgétaire. Une mise sous tutelle temporaire avait alors été enclenchée : le préfet des Bouches-du-Rhône avait saisi la chambre régionale des comptes (CRC), qui a identifié quelque 144 millions d’euros d’économies à réaliser pour combler le déficit.

À la mi-juin, le représentant de l’État a validé une partie des recommandations de la CRC, tout en laissant aux élus locaux le soin de répartir l’effort budgétaire restant. Le principal point de friction concerne le maintien des « attributions de compensation », mécanisme par lequel la métropole reverse une partie de ses ressources aux communes.

Une crise de gouvernance

Les élus doivent tenter de trouver un accord final le 10 septembre, si bien que les travaux de la mission gouvernementale débuteront fin septembre, après l’adoption définitive du budget métropolitain, précise le communiqué.

Ses conclusions, attendues d’ici la fin de l’année, pourraient relancer le débat, récurrent depuis la création de la métropole, sur son vaste périmètre, son fonctionnement et les relations entre Marseille et les communes environnantes, aux profils variés. La métropole a notamment en charge les transports, la propreté et la voirie dans la deuxième ville de France.

Le gouvernement affirme vouloir dégager une solution « durable » pour résoudre la crise de gouvernance d’un territoire stratégique en matière de mobilités, de transition écologique et de développement économique.



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