Mercedes Classe C, une C XXL


Ce nouveau modèle n’a pas plus grand-chose à voir avec la berline intermédiaire de Mercedes dont il se revendique.

Deux Classe C très différentes vont bientôt se côtoyer sur nos routes. La première, une version restylée du modèle actuel, poursuit sa carrière tant que la demande pour les moteurs thermiques (essence, diesel et hybride rechargeable) est au rendez-vous. La seconde, conçue à partir de la plateforme MB.EA du GLC électrique, nous propulse un peu plus dans le monde de demain. Non content de rouler à l’électrique, elle prend soin de son empreinte environnementale. Les émissions de CO2 dans la chaîne d’approvisionnement des matériaux ont pu être réduites d’environ 23 %. La Classe C électrique recourt ainsi à des aluminiums et des aciers à faible teneur en carbone. Près de 49 kilos de thermoplastiques proviennent de matériaux recyclés.

Alors que la chute du pavillon évoque l’EQE, la poupe se veut sportive avec ses quatre feux ronds.
Mercedes-Benz AG – Global Comm, photo by Miloš Matović on beha

Autant la première conserve les lignes classiques de la lignée, autant la version « zéro émission » casse les codes avec des proportions inhabituelles qui évoquent la berline électrique EQE. Sa calandre hypertrophiée partagée avec le GLC se combine avec un empattement très long (2,96 m), des porte-à-faux courts et une silhouette rehaussée – une hauteur de 1,50 m – pour installer le pack de batterie sous le plancher. Avec une longueur de 4,88 m soit 130 mm de plus que la version thermique et 120 mm de plus que la BMW i3, sa future rivale, cette inédite Classe C empiète sur le segment supérieur. Contrairement à ce que son profil suggère, elle ne s’est pas convertie au hayon. L’ouverture exiguë de la malle donne accès à un volume de chargement assez ordinaire (470 litres) pour un véhicule de ce gabarit. C’est l’un des atouts de l’architecture électrique : elle ajoute un coffre de 101 litres sous le capot avant accessible en pressant sur le logo Mercedes. Disons-le : cette Classe C, qui rend obsolète l’EQE, en met plein la vue avec son toit en verre panoramique Sky Control accueillant 162 étoiles ainsi que sa calandre anodisée et sa signature lumineuse en forme d’étoile. Celle de la poupe trouve place dans des feux ronds renvoyant à ceux de la berline électrique AMG-GT et livrant une connotation sportive.


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Dans l’habitacle, on retrouve la présentation des Mercedes de ces dernières années. Les assemblages sont de qualité mais les décors imitant l’aluminium fleurent trop le plastique bon marché. Le Superscreen recouvre entièrement la planche de bord avec ses trois dalles séparées par des bandes noires. Contre un supplément de 1 500 euros, la firme à l’étoile propose la variante Hyperscreen dotée d’un unique verre de 39,1 pouces, soit 1 m de diamètre. Circuler dans les menus est un jeu d’enfant. Les ingénieurs ont eu la bonne idée de conserver des boutons physiques pour commander par exemple le réglage des rétroviseurs ou le niveau sonore de la radio. Pour les requêtes concernant la navigation, le réglage de la climatisation ou l’appel d’un correspondant, on utilisera volontiers la commande vocale qui est un modèle du genre. Imposant une posture un peu haute en raison des batteries, la position de conduite reste excellente grâce à une grande amplitude de réglages. Comme toujours Mercedes, il ne faut pas hésiter à puiser dans la liste des options pour améliorer l’ordinaire. Il faudra débourser de 300 à 450 euros pour passer du tissu de série au similicuir et de 2 050 à 2 250 euros pour accéder au cuir. De même, le toit en verre panoramique accède au réglage de la luminosité en ajoutant l’option à 1 300 euros. Pour la même somme, on pourra bénéficier de l’affichage tête haute avec la navigation augmentée.

L’habitacle est calqué sur celui du GLC électrique avec l’arche centrale surélevée.
Mercedes-Benz AG – Global Comm, photo by Miloš Matović on beha

Avec l’électrique, plus besoin de tourner une clé de contact ou de presser un bouton. Clé électronique dans la poche, pied sur la pédale de frein, la Classe C est sous tension. Levier de la transmission au volant déplacé sur drive, la berline est prête à quitter son emplacement. À l’anglaise s’il le fallait. Il suffit de 4 secondes pour passer le cap des 100 km/h dans un silence de cathédrale. Il faut dire que la C400 4Matic, la seule version disponible dès le lancement, revendique une puissance de 489 chevaux d’habitude réservée aux modèles AMG et un couple de 800 Nm disponible dès le démarrage. L’accélération est vigoureuse sans jamais être inconvenante. Les limitations de vitesse sur les routes finlandaises autour d’Helsinki, lieu de notre premier contact, invitaient à la retenue. À défaut de mettre le châssis à l’épreuve, notre parcours a permis de saluer la qualité de l’insonorisation et de jauger l’efficience. Le constructeur annonce une autonomie de 762 km avec ce modèle équipé de la batterie de 94,5 kWh. Ultérieurement, la gamme s’enrichira des versions C250 et C300 revendiquant une puissance respectivement de 354 et de 421 ch. Dans le meilleur des cas, l’autonomie pourra passer la barre des 800 km.

Un confort de limousine

La Classe C hérite de la dalle panoramique recouvrant l’intégralité de la planche de bord.
Mercedes-Benz AG – Global Comm

À l’allure finlandaise, il est possible d’approcher la sobriété revendiquée de la C400 – seulement 14,3 kWh aux 100 km. À vitesse stabilisée, elle peut compter sur sa transmission à deux rapports et le désacouplement du moteur avant – sauf en mode Sport – pour abaisser sa consommation. Le passage à la borne est aussi retardé en activant le niveau le plus élevé de la régénération. À la borne, à condition de disposer d’un équipement compatible en 800 V, vous encenserez de pouvoir récupérer 325 km en à peine 10 minutes, à condition d’être dans la bonne fenêtre de recharge, et de passer de 10 à 80 % en à peine 22 minutes grâce à un pic de puissance de 330 kW. Si la borne accepte uniquement le 400 V, il faudra disposer du convertisseur optionnel facturé 700 euros. Dans ce cas, la puissance de charge se limite à 100 kW. Si l’itinéraire ne se prêtait guère à des exploits sportifs, la C400 4 Matic a pu démontrer qu’elle n’avait rien à envier à une Classe S en termes de confort de suspension avec le pack Agilité et Confort (+ 2 900 €) associant la suspension pneumatique Airmatic aux quatre roues directrices. Ces dernières braquent jusqu’à 4,5 degrés en opposition pour améliorer la maniabilité en ville et jusqu’à 2,5 degrés dans le même sens que les roues avant au-dessus de 70 km/h, au profit de l’agilité. Un équipement qui compense légèrement la tendance de cette Classe C à élargir la trajectoire dans les virages. Malgré un centre de gravité abaissé par la batterie dans le plancher, cette berline d’un nouveau genre ne peut faire oublier son poids de 2 460 kilos.

Notre avis

Technologie dernier cri, confort souverain, vitesse de recharge et autonomie élevée : la Classe C coche quasiment toutes les cases. Reste qu’elle n’a plus rien à voir avec la berline moyenne de la firme étoile qui avait pris la suite de la 190E.


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Fiche technique 

Moteur : 2 électriques, 489 ch, 800 Nm

Transmission : intégrale, 2 rapports

Dimensions : L. 4,88, l. 1,89, h. 1,50 m

Consommation (norme UE) : 14,3 kWh/100 km


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Autonomie : 762 km

Poids : 2 460 kilos

Vitesse : 210 km/h

Prix : à partir de 66 399 €



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