Selon un bilan basé sur les annonces publiées sur Leboncoin, l’âge moyen des voitures en circulation dépasserait désormais les 11 ans. Une étude qui montre aussi la montée en puissance de l’essence et des hybrides face au diesel, ou encore la bascule vers les boîtes automatiques.
À l’heure des grands départs en vacances, le paysage automobile tricolore révèle un visage de plus en plus ancien. Grâce à l’analyse de ses 800.000 annonces permanentes, la plateforme Leboncoin vient en effet de dresser le portrait d’un parc roulant à « plus de 11 ans en moyenne », avec même une voiture sur deux âgée de plus de 8 ans et un kilométrage moyen supérieur à 110.000 km.
Ce chiffre vient faire écho à une autre mesure récente, issue de l’entreprise spécialisée dans les données automobiles AAA Data et appuyée sur le registre officiel des cartes grises, qui fixait quant à elle cet âge moyen à 12,3 ans, comme l’indiquait un article de Auto Infos en février dernier.
De la carte grise à l’annonce d’occasion : deux logiques complémentaires
L’écart entre le chiffre du Boncoin et celui qui se réfère au fichier des immatriculations s’explique par le périmètre observé. Là où les cartes grises recensent l’ensemble des certificats enregistrés en France, y compris une réserve de véhicules immobilisés au fond d’un garage ou d’épaves non roulantes toujours inscrites au registre, Leboncoin s’appuie sur le marché actif des transactions entre particuliers et professionnels. L’étude offre ainsi une photographie sans doute un peu plus proche de la réalité des véhicules réellement destinés à rouler et à changer de main.
« Nous constatons ainsi le vieillissement continu du parc, accéléré depuis 2020 par la chute des ventes de voitures neuves », explique Olivier Flavier, directeur général du marché automobile chez leboncoin.
Si on regarde en arrière, l’âge moyen d’une voiture en France s’établissait à 7,5 ans en 2000, puis 9,3 ans en 2010 et 10,2 ans en 2020, avant de dépasser les 11 ans aujourd’hui. Une étude consommateur Kantar évaluait encore cet âge à 10 ans en 2023, mais la baisse continue des ventes de véhicules neufs prive désormais le secteur du renouvellement nécessaire pour rajeunir cette moyenne.
Mais il y a aussi du positif : ce vieillissement traduit aussi les progrès réalisés en termes de durabilité sur les voitures modernes. « Les progrès en fiabilité incitent les Français à conserver plus longtemps leur voiture », ajoute Olivier Flavier. Avec la hausse des prix des véhicules neufs, de nombreux automobilistes renoncent aussi à changer de voitures faute de moyens ou se tournent vers un véhicule d’occasion.
Le thermique encore majoritaire, la boîte automatique se généralise
« Bien que l’électrification avance très rapidement, il est important de rappeler que les motorisations thermiques, essence et diesel, sont encore largement majoritaires et le resteront pendant plusieurs années », souligne à ce titre Olivier Flavier.
L’étude des annonces sur Leboncoin montre ainsi que plus de 80% « des voitures en circulation sont encore équipées d’un moteur thermique ». Après 20 ans en tête des motorisations les plus présentes, « le diesel est en passe de perdre sa première place, au profit de l’essence », peut-on aussi lire. Assez logique vu le recul dans les ventes de véhicules neufs, avec 2,5% des immatriculations depuis le début de l’année. L’hybride, qui représente un peu plus d’une vente sur deux dans le neuf, gagne du terrain à 13% du parc et l’électrique progresse vite, avec 6% actuellement. En revanche, GPL, GNV et hydrogène ne décollent pas, à moins de 1% du parc.
Autre tendance, la percée des boîtes automatiques : la boîte manuelle ne conserve qu’une courte majorité de 52%, contre 70% il y a cinq ans. « Grâce à ses performances en progrès – notamment en termes de consommation et d’agrément de conduite – la boîte automatique s’impose à grande vitesse. Elle bénéficie également de l’électrification du parc, puisque les moteurs hybrides et électriques sont presque toujours associés à une transmission automatique », souligne le communiqué de Leboncoin.
Une France dans la moyenne de ses voisins européens
À l’échelle européenne, les bilans de l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles) montrent une tendance similaire, avec une moyenne continentale qui s’établit à 12,5 ans. La France se situe dans une position intermédiaire par rapport à ses voisins. Le Luxembourg conserve le parc le plus récent de l’Union européenne avec une moyenne de 8 ans, suivi par l’Autriche à 9,3 ans, la Belgique à 9,9 ans et l’Allemagne autour de 10,3 ans. À l’inverse, l’âge moyen grimpe à près de 13 ans en Italie, dépasse la barre des 14 ans en Espagne et franchit les 15 ans en Pologne. Tout en bas du classement européen, la Grèce détient le parc le plus ancien du continent avec une moyenne de 17,5 ans.
