Les accidents mortels avaient bondi de 31% aux États-Unis lors du précédent épisode en 2017: pourquoi les routes pourraient se transformer en piège dangereux lors de l’éclipse solaire



Alors que des millions de curieux s’apprêtent à observer l’éclipse solaire ce mercredi, une étude scientifique relayée par l’assureur Leocare alerte sur un risque routier majeur. Lors du précédent grand phénomène de 2017 aux États-Unis, les collisions mortelles avaient augmenté de 31%.

Le spectacle promet d’être grandiose sur tout le territoire national, mais prudence sur la route. Ce mercredi 12 août 2026 en début de soirée, la Lune masquera le Soleil à plus de 90% sur la quasi-totalité de la France métropolitaine, atteignant même plus de 99% dans le Sud-Ouest.

Si la bande d’obscuration totale traversera le nord de l’Espagne, l’engouement touchera l’ensemble des régions françaises. Entre 19h10 et 21h20, avec un pic d’obscuration situé entre 20h13 et 20h27 selon les communes, des centaines de milliers d’automobilistes vont se déplacer simultanément pour chercher un horizon ouest dégagé. Un afflux massif et concentré sur un temps très court qui crée un risque collectif majeur et prévisible.

Une hausse de 31% des collisions mortelles

Selon une étude scientifique publiée dans la revue JAMA Internal Medicine et mise en avant par la néo-assurance Leocare, les périodes encadrant une éclipse solaire se traduisent par une hausse spectaculaire des collisions mortelles. Les travaux menés par des chercheurs nord-américains sur l’éclipse de 2017 révèlent une augmentation moyenne de 31% du risque d’accident mortel sur une période de 36 heures autour de l’événement. Après la fin de l’éclipse, le pic de mortalité frôle même 50% sur certains axes.

Le danger ne découle pas directement de la baisse de luminosité, mais de la concentration humaine massive et simultanée. Des centaines de milliers de véhicules s’agglutinent au même moment vers des zones d’observation souvent rurales, dont le réseau routier n’est pas dimensionné pour un tel afflux.

L’exemple de l’éclipse américaine de 2017 est à ce titre frappant : les autorités du Wyoming y ont recensé plus de 536.000 véhicules simultanés, provoquant une hausse globale de 68% du trafic routier et un bond vertigineux de 400% sur certains axes majeurs comme l’autoroute I-25. Dans l’Oregon, petit État de 4 millions d’habitants, submergé par un million de visiteurs, la presse américaine avait décrit une véritable « apocalypse du trafic routier », avec des axes à deux voies transformés en parkings géants, des embouteillages de plus de 10 à 12 heures, des pannes de carburant et la saturation des réseaux mobiles. Au retour de l’événement, la précipitation, la fatigue accumulée, l’inattention et parfois l’absorption d’alcool démultiplient les risques au volant.

Saturation des GPS et comportements à risque

Sur la façade Atlantique, dans la vallée du Rhône ou dans les Pyrénées, la saturation des algorithmes de navigation GPS s’annonce inévitable face à cette ruée soudaine.

« Le danger naît de la rencontre entre une concentration humaine exceptionnelle et un affaiblissement temporaire des réflexes élémentaires de prudence », souligne Christophe Dandois, président de Leocare.

L’assureur, qui revendique 1,3 million d’utilisateurs, rappelle les règles fondamentales : ne jamais s’arrêter sur une bande d’arrêt d’urgence, bannir le port de lunettes d’éclipse au volant (cela revient à rouler les yeux fermés) et différer son départ un certain temps après ce spectacle céleste pour éviter les bouchons potentiellement meurtriers.



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